Organiser un voyage autotour en Islande est souvent synonyme de liberté totale, mais aussi de gros risques de tomber dans les pièges touristiques : sites saturés de bus, hébergements hors de prix, routes mal anticipées. En tant qu’ancien logisticien, j’ai appris que la différence entre un road trip fluide et un périple stressant se joue surtout sur la préparation de l’itinéraire. L’objectif de cet article : vous proposer 5 scénarios de routes circulaires en Islande, concrets et testés sur le terrain, pour profiter du pays sans suivre exactement les troupeaux de visiteurs.
Pourquoi privilégier un autotour en boucle en Islande
Quand on prépare un tour de l’Islande, la première tentation est de suivre la Route 1 (le “Ring Road”) d’un point A à un point B, souvent Reykjavik – Reykjavik. Pourtant, il existe plusieurs manières de structurer un itinéraire circulaire plus malin, en jouant sur :
- le sens de rotation (sens horaire ou antihoraire) ;
- les détours vers les fjords, les hautes terres ou les péninsules moins connues ;
- la répartition des nuits pour éviter les sites pris d’assaut en journée ;
- les saisons et les contraintes météo.
Un autotour en boucle permet de :
- récupérer et rendre la voiture au même endroit (souvent l’aéroport de Keflavík) ;
- optimiser le coût de location et d’assurance (moins de frais “one-way”) ;
- ajuster facilement votre boucle (raccourcir ou rallonger) en fonction de la météo et de la fatigue ;
- revenir sur une zone que vous auriez dû écourter à l’aller.
Les cinq scénarios détaillés plus bas sont conçus pour répondre à des profils différents (premier voyage, retour en Islande, budget serré, voyage hors saison, etc.), tout en vous maintenant à distance des principaux pièges :
- lieux trop fréquentés aux mauvaises heures ;
- hébergements surbookés ;
- surévaluation de ce qu’on peut faire en une journée ;
- dépenses inutiles liées à une mauvaise logistique (pleins d’essence, repas, assurances).
Avant de partir : bases logistiques d’un road trip circulaire en Islande
Durée idéale d’un autotour circulaire
La durée va conditionner la forme de votre boucle :
- 7 jours : boucle partielle Sud + éventuellement un bout de péninsule (Snæfellsnes ou Reykjanes). Trop court pour un tour complet de l’île sans courir.
- 10 à 12 jours : format optimal pour un “quasi” tour complet en restant raisonnable sur les temps de route.
- 15 jours et plus : permet d’ajouter des fjords de l’Est, les Westfjords ou des incursions dans les hautes terres.
Choix du véhicule et du type de route
En Islande, vous devez distinguer deux types de routes :
- Routes principales (pavées ou gravier de bonne qualité) : accessibles à la plupart des véhicules 2WD.
- Routes F (hautes terres, pistes de montagne) : 4×4 obligatoire, parfois gués à franchir, ouverture limitée à l’été.
Pour la majorité des boucles décrites ici, un véhicule classique suffit, sauf si vous choisissez expressément un scénario incluant les hautes terres. Dans ce cas, il faudra :
- réserver un vrai 4×4 (garde au sol correcte, pas un simple SUV urbain) ;
- vérifier les conditions d’ouverture de pistes ;
- prévoir une marge météo, car certaines pistes ferment rapidement en cas de mauvaises conditions.
Stratégie pour les hébergements
Les erreurs classiques que je vois régulièrement :
- tout réserver au dernier moment en haute saison (juillet-août) ;
- réserver 3 nuits au même endroit en espérant “rayonner” – ce qui implique beaucoup d’allers-retours ;
- ne pas tenir compte des temps de trajet réels (qui sont plus longs que sur Google Maps, surtout en gravier ou par mauvais temps).
Pour un autotour fluide :
- bloquez au minimum les hébergements des zones les plus tendues : Sud islandais (Vik, Skaftafell), Mývatn, péninsule de Snæfellsnes en été ;
- évitez les étapes de plus de 300 km par jour si vous faites beaucoup de randonnées ou d’arrêts photos ;
- variez : une nuit en guesthouse, une en ferme, une en petit hôtel, pour ajuster le budget et l’ambiance.
Pour aller plus loin sur la préparation globale, j’ai détaillé ma méthodologie d’organisation dans un article de synthèse consacré aux voyages en autotour et à la logique d’itinéraire, que vous pouvez adapter ensuite à l’Islande.
5 scénarios de routes circulaires pour éviter les pièges touristiques
Scénario 1 : Boucle courte Sud + Snæfellsnes (7 à 9 jours, premier voyage)
Profil : première découverte de l’Islande, budget temps limité, envie de voir “l’essentiel” sans partir sur un tour complet trop ambitieux.
Principe : vous évitez de vous éparpiller sur toute l’île et vous concentrez sur deux zones très complémentaires : le Sud (chutes d’eau, plages de sable noir, glaciers) et la péninsule de Snæfellsnes (paysages condensés, plus calmes si vous gérez bien les horaires).
- Jour 1 – Arrivée Keflavík – Péninsule de Reykjanes : récupération du véhicule, découverte de Reykjanes (falaises, zones géothermiques), nuit vers Keflavík ou Grindavík.
- Jour 2 – Cercle d’Or en décalé : Þingvellir, Geysir, Gullfoss mais en horaires décalés (tôt matin ou fin d’après-midi) pour limiter la foule. Nuit dans la région de Flúðir ou Laugarvatn plutôt que dans les zones les plus touristiques.
- Jour 3 – Chutes du Sud : Seljalandsfoss, Skógafoss, Dyrhólaey, plage de Reynisfjara. Privilégier les visites tôt ou tard pour éviter les bus. Nuit vers Vik ou Kirkjubæjarklaustur.
- Jour 4 – Skaftafell et lagunes glaciaires : parc national de Skaftafell (randonnées), Jökulsárlón et Diamond Beach. Nuit vers Höfn ou retour vers Skaftafell selon votre rythme.
- Jour 5 – Retour progressif vers l’Ouest : remontez tranquillement vers Hella ou Selfoss, avec arrêts complémentaires (randos secondaires moins fréquentées, villages, plages). Nuit dans le Sud-Ouest.
- Jour 6 – Route vers Snæfellsnes : transfert vers la péninsule, arrêts sur la côte Ouest. Nuit à l’entrée de Snæfellsnes (Borgarnes par exemple).
- Jour 7 – Snæfellsnes : Kirkjufell, Arnarstapi, Djúpalónssandur, falaises et champs de lave. Nuit dans la péninsule (Grundarfjörður, Ólafsvík…).
- Jour 8 – Retour vers Reykjavik : exploration complémentaire en matinée, puis route vers Reykjavik, visite de la ville, dernière nuit sur place.
- Jour 9 – Départ : trajet Reykjavik – aéroport selon l’horaire de votre vol.
Pièges évités :
- pas de course contre la montre pour faire le tour complet de l’île en 7 jours ;
- Cercle d’Or géré en horaires décalés, ce qui change complètement l’expérience ;
- Snæfellsnes permet d’éviter la saturation du Sud en fin de séjour.
Scénario 2 : Grand tour classique en 10 à 12 jours, sens antihoraire
Profil : premier “vrai” tour de l’Islande, envie d’un panorama complet, budget temps intermédiaire.
Principe : vous réalisez une boucle intégrale par la Route 1, mais en sens antihoraire, ce qui permet parfois de décaler vos passages par rapport à la majorité des bus qui roulent dans l’autre sens.
- Jours 1-2 – Reykjavik + Cercle d’Or : arrivée, prise en main du véhicule, visite de Reykjavik, puis Cercle d’Or (en démarrant très tôt ou en fin de journée).
- Jours 3-4 – Côte Sud : même logique que dans le scénario 1 (chutes, plages, Skaftafell, lagunes glaciaires). 2 nuits conseillées pour éviter de faire des étapes à rallonge.
- Jour 5 – Côte Sud-Est et fjords de l’Est : route le long de la côte, fjords, villages comme Djúpivogur. Nuit dans les fjords (Egilsstaðir ou environs).
- Jours 6-7 – Nord-Est et région de Mývatn : Hverir, Leirhnjúkur, Dimmuborgir, bains naturels de Mývatn. 2 nuits dans la zone pour diluer la foule, surtout en été.
- Jour 8 – Akureyri et Nord : Godafoss, Akureyri, éventuellement Húsavík pour l’observation des baleines (en horaire moins prisé, tôt matin ou fin de journée). Nuit vers Akureyri ou plus à l’Ouest.
- Jour 9 – Nord-Ouest agricole : route vers l’Ouest, paysages ruraux, pauses dans de petits villages peu fréquentés. Nuit dans la région de Hvammstangi ou Laugarbakki.
- Jour 10 – Snæfellsnes ou retour direct : selon le temps, petit détour par Snæfellsnes ou retour direct vers Reykjavik pour profiter davantage de la capitale.
- Jour 11 – Reykjavik ou Snæfellsnes (option) : journée tampon, utile en cas de météo capricieuse ou de retard.
- Jour 12 – Départ.
Pièges évités :
- vous ne surchargez pas chaque journée, ce qui est fréquent sur les tours de 7-8 jours ;
- sens antihoraire et 2 nuits à Mývatn pour mieux répartir les visites ;
- zones “tampons” en Nord-Ouest moins touristiques, idéales pour retrouver du calme.
Scénario 3 : Boucle orientée Nord et fjords de l’Est (10 à 14 jours, deuxième voyage)
Profil : vous avez déjà vu le Sud et le Cercle d’Or, vous souhaitez explorer des zones moins fréquentées, sans vous lancer dans les Westfjords les plus isolés.
Principe : limiter le temps passé dans le Sud et se concentrer sur le Nord et l’Est, avec une vraie mise en avant des fjords et des petits villages.
- Jour 1 – Arrivée et transfert rapide vers le Nord-Ouest : récupération du véhicule, route directe vers Borgarnes ou un peu plus loin pour prendre de l’avance.
- Jour 2 – Péninsule de Vatnsnes : observation des phoques, petites routes côtières, très peu de bus comparé au Sud.
- Jour 3 – Akureyri et alentours : ville agréable, jardins, possibilité d’excursion baleines à Dalvik plutôt que Húsavík (moins fréquenté).
- Jours 4-5 – Région de Mývatn : même base que dans le scénario 2, mais avec plus de temps pour des randos plus reculées.
- Jour 6 – Nord-Est sauvage : Dettifoss, Selfoss, Hafragilsfoss, puis route vers les fjords de l’Est.
- Jours 7-8 – Fjords de l’Est : Seyðisfjörður, Neskaupstaður, Fáskrúðsfjörður, randonnées et villages de pêcheurs. 2 nuits conseillées.
- Jour 9 – Côte Sud-Est avec vision “sélective” : vous passez rapidement par les temps forts (lagune glaciaire, Skaftafell) sans tout refaire en détail si vous connaissez déjà.
- Jour 10 – Retour vers l’Ouest : étape de transition, nuit dans la région de Selfoss/Hveragerði.
- Jour 11 – Reykjavik / péninsule de Reykjanes : temps libre pour la capitale ou pour approfondir Reykjanes (souvent négligée).
- Jour 12 – Départ (possible d’ajouter 2 jours tampons si vous avez 14 jours au total).
Pièges évités :
- vous sortez des itinéraires sur-fréquentés en concentrant le voyage sur le Nord et l’Est ;
- vous évitez de repayer pour des activités que vous auriez déjà faites au Sud (balades guidées, glaciers, etc.) ;
- vous profitez de petites villes portuaires souvent ignorées des circuits “express”.
Scénario 4 : Boucle incluant les hautes terres (11 à 14 jours, été uniquement)
Profil : voyageurs déjà à l’aise avec la conduite sur piste, souhaitant une approche plus sauvage. 4×4 nécessaire, saison courte (généralement mi-juin à début septembre, à vérifier chaque année).
Principe : combiner une boucle classique par la Route 1 avec une incursion dans les hautes terres (Landmannalaugar, Sprengisandur ou Kjölur selon les conditions).
- Jours 1-2 – Sud classique : Côte Sud jusqu’à Vik, pour ancrer quelques repères et profiter d’infrastructures plus confortables en début de voyage.
- Jour 3 – Accès hautes terres (Landmannalaugar) : montée vers Landmannalaugar par une route F adaptée à votre 4×4. Vérifiez les gués avec les rangers locaux. Nuit en refuge ou camping (réservation indispensable en haute saison).
- Jour 4 – Randonnée dans les hautes terres : journée complète de marche, baignade dans les sources chaudes naturelles.
- Jour 5 – Redescente et transition : retour vers la Route 1, nuit vers Selfoss ou Hella.
- Jours 6-7 – Route vers le Nord via Kjölur (F35) ou un autre axe F ouvert : passage par Hveravellir, zone géothermique isolée, nuits en refuge ou hébergements simples.
- Jour 8 – Arrivée vers Akureyri / Nord : repos logistique (courses, lessive si besoin), visite relax.
- Jour 9 – Région de Mývatn ou fjords du Nord : selon vos priorités, concentrez-vous sur une zone plutôt que de tout cumuler.
- Jour 10 – Retour vers l’Ouest : route vers le Nord-Ouest agricole ou Snæfellsnes.
- Jour 11 – Snæfellsnes : étape plus “confort” après les hautes terres.
- Jour 12 – Reykjavik et départ (ou jour 13-14 en ajoutant une marge de sécurité météo).
Pièges évités :
- vous ne multipliez pas les pistes F dans tous les sens : une ou deux grandes traversées bien choisies suffisent ;
- vous gardez des nuits plus confortables avant et après les hautes terres, ce qui limite la fatigue ;
- vous évitez les erreurs classiques sur les gués grâce à une planification stricte et des journées dédiées.
Scénario 5 : Boucle “lente” axée hébergements stratégiques (12 à 15 jours)
Profil : voyageurs qui privilégient le confort, le temps long et la réduction du stress. Parfait pour un premier grand voyage ou un séjour en famille.
Principe : faire une boucle presque complète, mais en réduisant les changements d’hébergement, avec des “bases” de 2 ou 3 nuits afin de rayonner dans un périmètre raisonnable.
- Base 1 – 3 nuits dans le Sud : par exemple vers Hvolsvöllur ou Hella. Vous couvrez le Cercle d’Or, les grandes chutes, les plages autour de Vik, en choisissant le bon jour en fonction de la météo.
- Base 2 – 2 ou 3 nuits vers Skaftafell / Höfn : pour étaler les visites des glaciers, de Jökulsárlón et des randonnées, sans être obligé de tout faire le même jour.
- Base 3 – 3 nuits dans l’Est ou à Mývatn : selon votre goût pour les fjords ou les zones géothermiques, concentrez-vous sur une seule grande base.
- Base 4 – 2 nuits vers Akureyri ou Nord-Ouest : alternance ville / campagnes, activités possibles même par mauvais temps.
- Base 5 – 2 nuits à Reykjavik : pour finir tranquillement, avec marge avant le vol de retour.
Pièges évités :
- moins de déménagements = moins d’oublis, de fatigue et de temps perdu à faire et défaire les sacs ;
- flexibilité sur l’ordre des visites : vous choisissez les sites en fonction de la météo au jour le jour ;
- meilleure gestion du budget : les nuitées multiple dans le même hébergement négocient parfois mieux.
Conseils pratiques pour éviter les pièges touristiques en Islande
1. Jouer sur les horaires plutôt que sur la quantité de sites
En Islande, l’erreur fréquente est de vouloir “tout voir”. En réalité, l’expérience est souvent meilleure si vous :
- limitez le nombre de gros sites par jour (2 ou 3 maximum) ;
- les visitez en horaires décalés (lever de soleil, soirée) ;
- réservez le milieu de journée à des spots secondaires ou des randonnées.
À titre d’exemple, un passage à Geysir à 8h du matin n’a rien à voir avec une visite à 11h, quand les parkings de bus se remplissent.
2. Anticiper les coûts réels d’un autotour
Quelques postes à ne pas sous-estimer :
- Carburant : prix élevés, stations parfois espacées, surtout dans l’Est et le Nord. Remplir avant d’entrer dans des zones isolées.
- Alimentation : prévoir des courses en supermarché (Bonus, Krónan) dans les villes plutôt que des repas systématiques au restaurant.
- Assurances véhicule : en Islande, les gravillons, le sable et le vent sont des risques réels. L’option “sand and ash” peut être pertinente selon votre itinéraire.
- Activités payantes : balades glaciaires, baleines, bains chauds privés… Sélectionnez-en quelques-unes vraiment prioritaires plutôt que de tout cumuler.
3. Gérer la météo et la sécurité routière
La météo change très vite en Islande, surtout quand on fait une boucle complète :
- consultez systématiquement les prévisions et l’état des routes (site officiel islandais) avant de prendre la route ;
- prévoyez toujours une marge de sécurité de 1 à 2 heures sur les trajets longs ;
- n’oubliez pas que la vitesse moyenne réelle (avec arrêts, météo, gravier) est souvent bien inférieure aux limites affichées.
Sur les pistes F, contrôlez chaque gué à pied ou en observant d’autres véhicules avant de vous lancer. Si vous n’êtes pas à l’aise, faites demi-tour. Aucune photo ne justifie de risquer une voiture bloquée dans une rivière.
4. Adapter sa boucle à la saison
Les cinq scénarios présentés doivent être ajustés selon la période :
- Été (juin-août) : jours très longs, haute fréquentation ; possible d’intégrer des pistes F mais il faut réserver tôt les hébergements.
- Mi-saison (mai, septembre) : compromis intéressant ; certains itinéraires de hautes terres encore fermés, mais moins de monde sur la Route 1.
- Hiver (octobre-mars) : privilégiez des boucles plus courtes dans le Sud ou l’Ouest, avec des étapes réduites, pour tenir compte de la neige, du verglas et des nuits longues.
En hiver, par exemple, une boucle Sud + Reykjanes est beaucoup plus raisonnable qu’un tour complet de l’île, même si les prix de location de voiture peuvent donner envie de “rentabiliser” au maximum les kilomètres.
5. Prioriser les expériences plutôt que la liste de lieux
Pour terminer la conception de votre boucle, posez-vous ces questions simples :
- préférez-vous marcher plusieurs heures ou multiplier les arrêts photo courts ?
- êtes-vous plus attiré par les zones géothermiques, les glaciers, les fjords ou les hautes terres ?
- supportez-vous bien les longs trajets en voiture ou préférez-vous des étapes courtes ?
Vos réponses orienteront immédiatement vers l’un ou l’autre des scénarios proposés : boucle courte Sud + Snæfellsnes, grand tour en 12 jours, focus Nord/Est, plongée dans les hautes terres ou boucle “lente” axée sur le confort. L’important est de choisir une structure cohérente dès le départ, puis de la moduler en fonction de la météo et de votre fatigue sur place.
