Préparer un autotour combinant Pays-Bas et Écosse demande un minimum d’organisation, surtout si vous jonglez entre plusieurs moyens de transport (voiture, ferry, avion, train). Entre les routes impeccables des polders néerlandais et les single tracks écossais balayés par le vent, les réalités de conduite et de logistique changent radicalement. Voici des conseils pratiques pour optimiser votre itinéraire, anticiper les coûts et profiter au mieux de ce type de voyage.
Choisir la bonne période pour un autotour Pays-Bas – Écosse
Météo : ce que cela change pour la route
Les Pays-Bas et l’Écosse ont tous deux un climat océanique, mais les conditions de route n’y sont pas les mêmes.
- Aux Pays-Bas : l’hiver est rarement extrême. Vous trouverez surtout de la pluie, du vent et parfois du verglas. Les routes sont bien entretenues et dégagées. C’est gérable en voiture, mais prévoyez un planning souple pour les jours très pluvieux.
- En Écosse : la météo est plus imprévisible. Sur un même trajet, vous pouvez alterner pluie, brouillard, éclaircies et rafales de vent. Sur les petites routes des Highlands, la visibilité peut chuter très vite. Prévoir des marges de temps est indispensable pour ne pas conduire sous pression.
Pour un autotour combiné, la fenêtre avril–septembre reste la plus pertinente. Avril-mai et septembre offrent souvent un bon équilibre : moins de touristes, des tarifs un peu plus bas, des journées suffisamment longues pour enchaîner les étapes sans rouler de nuit.
Durée minimale conseillée pour un combiné
Pour éviter de passer votre temps dans les transports, il est préférable de prévoir :
- 10 jours minimum si vous faites un seul pays en « tronqué » (par exemple 3–4 jours aux Pays-Bas puis 6–7 jours en Écosse).
- 14 jours ou plus si vous voulez visiter plusieurs régions des deux pays en gardant un rythme raisonnable.
En dessous de 10 jours, vous risquez de multiplier les transferts (avion, ferry, location de voiture) au détriment des visites et des pauses sur la route.
Organiser les déplacements entre Pays-Bas et Écosse
Option 1 : Avion + location de voiture
C’est l’option la plus simple et souvent la plus rapide :
- Vous arrivez aux Pays-Bas (Amsterdam la plupart du temps).
- Vous effectuez votre autotour néerlandais avec une première voiture de location.
- Vous rendez la voiture, prenez un vol pour Édimbourg ou Glasgow.
- Vous louez une seconde voiture à l’arrivée en Écosse.
Points à anticiper :
- Frais de location : regardez les frais d’abandon éventuels si vous ne rendez pas la voiture dans la même agence néerlandaise, même ville.
- Horaires de vol : privilégiez les premiers vols du matin pour ne pas « perdre » une journée entière en transfert.
- Transfert aéroport–centre-ville : à Amsterdam, Édimbourg ou Glasgow, comptez en moyenne entre 20 et 40 minutes de transport pour récupérer votre voiture.
Option 2 : Ferry avec votre propre véhicule
Si vous voulez conserver la même voiture (personnelle ou de location) pour tout l’itinéraire, le ferry est une alternative intéressante. Il existe des liaisons entre le continent (notamment les Pays-Bas) et l’est de l’Angleterre, puis la possibilité de remonter vers l’Écosse en voiture.
- Avantages :
- Pas besoin de multiplier les locations de voiture.
- Vous gardez vos repères dans le même véhicule tout le voyage.
- Les traversées de nuit permettent de « gagner » du temps sur le trajet.
- Inconvénients :
- Coût parfois élevé pour un véhicule + passagers.
- Responsabilité de conduire à gauche au Royaume-Uni, ce qui peut être délicat avec un véhicule immatriculé sur le continent.
- Temps de route supplémentaire en Angleterre avant d’entrer en Écosse.
Vérifiez toujours les conditions d’assurance de votre véhicule pour le Royaume-Uni, notamment si vous voyagez avec une voiture de location.
Option 3 : Combiner train et voiture
Une option plus rare mais possible consiste à :
- Visiter les Pays-Bas en train + transports locaux.
- Prendre l’avion vers l’Écosse.
- Louer une voiture seulement pour la partie écossaise.
Cela limite les jours de location de voiture et réduit certains coûts (parkings, carburant, péages inexistants aux Pays-Bas mais frais de stationnement fréquents). Cette formule demande cependant une bonne préparation des déplacements urbains (cartes de transports publics, horaires de trains, etc.).
Conduite et réglementation : passer des Pays-Bas à l’Écosse
Conduire aux Pays-Bas : simplicité et vigilance vélo
Les Pays-Bas sont généralement confortables à conduire pour un conducteur habitué à la France ou à la Belgique :
- Réseau routier : autoroutes gratuites, routes secondaires bien signalées, limitations de vitesse claires.
- Piège principal : la cohabitation avec les vélos. Les pistes cyclables sont omniprésentes et disposent parfois de leurs propres feux. Il est crucial de vérifier systématiquement à droite et à gauche avant de tourner ou de traverser une piste cyclable.
- Vitesses habituelles (à vérifier avant le départ car cela évolue) : autour de 100 km/h sur autoroute, 80 km/h sur route, 50 km/h en agglomération, avec des zones à 30 km/h fréquentes.
Conduire en Écosse : conduite à gauche et petites routes
Le changement principal est la conduite à gauche, qui vient s’ajouter à des routes souvent plus étroites :
- Prise en main : prévoyez un premier trajet court à la sortie de l’aéroport pour vous habituer. Évitez de commencer par une longue étape après un vol fatigant.
- Single track roads : dans les Highlands et certaines îles, vous roulerez sur des routes à une seule voie avec des « passing places » (aires de croisement). Il faut s’y engager prudemment, anticiper la présence de véhicules en face et utiliser ces emplacements pour laisser passer les autres.
- Animaux en liberté : moutons, vaches et parfois cerfs peuvent se trouver sur la chaussée, surtout en fin de journée. Réduisez la vitesse dans les zones rurales.
Les limitations de vitesse sont généralement de 30 mph (48 km/h) en ville, 60 mph (96 km/h) sur les routes principales et 70 mph (112 km/h) sur les autoroutes, sauf indication contraire. Les contrôles de vitesse sont fréquents sur certains axes.
Stationnement et accès aux villes
Les centres-villes d’Amsterdam, Édimbourg et Glasgow ne sont pas conçus pour la voiture de tourisme. Quelques principes facilitent le séjour :
- Privilégier les parkings relais : aux Pays-Bas comme en Écosse, des parkings en périphérie permettent de rejoindre le centre en transports publics.
- Éviter de changer d’hébergement tous les jours en ville : dans les grandes agglomérations, faites plutôt 2 ou 3 nuits consécutives au même endroit pour limiter les déplacements en voiture.
- Vérifier systématiquement les règles de stationnement : durée maximale, horodateurs, zones résidentielles. Les amendes peuvent rapidement peser sur le budget.
Construire un itinéraire cohérent : exemples de structures de road trip
Exemple de découpage sur 12 à 14 jours
Voici un schéma type que vous pouvez adapter à votre rythme :
- J1–J3 : Pays-Bas – Amsterdam et ses environs
- Installation à Amsterdam ou en périphérie (Haarlem, par exemple).
- Visite de la ville à pied ou en transports en commun.
- Excursions en voiture : Zaanse Schans, Marken, Volendam ou la région des polders.
- J4–J5 : Pays-Bas – Intérieur du pays
- Route vers Utrecht, Rotterdam ou La Haye.
- Découverte des villes et des ports, petites balades en dehors des centres urbains.
- J6 : Transfert vers l’Écosse
- Retour vers l’aéroport (Amsterdam).
- Vol vers Édimbourg ou Glasgow.
- Récupération de la voiture de location.
- J7–J9 : Écosse – Édimbourg, Stirling, Loch Lomond
- Visite d’Édimbourg sans la voiture, ou garée en périphérie.
- Route vers Stirling, puis vers le Loch Lomond pour un premier contact avec les paysages écossais.
- J10–J13 : Highlands et retour
- Montée progressive vers les Highlands : Glencoe, Fort William, Skye ou Inverness selon le temps disponible.
- Étapes raisonnables en kilomètres, surtout sur les single tracks.
- Redescente vers Édimbourg ou Glasgow pour le vol retour.
Ce schéma reste volontairement large. Pour affiner la partie écossaise (villes, régions, durées idéales), vous pouvez consulter notre dossier complet consacré à l’organisation d’un voyage en Écosse qui détaille plus finement chaque zone et ses spécificités pour la conduite.
Rythme de conduite : limiter la fatigue
Entre les Pays-Bas et l’Écosse, la tentation est grande de vouloir « tout voir » en peu de temps. Pour rester dans un rythme gérable :
- Aux Pays-Bas : la densité touristique est élevée sur une petite zone. Préférez des étapes courtes (100 à 150 km) et profitez-en pour multiplier les arrêts dans les petites villes.
- En Écosse : même si les kilomètres semblent modestes sur la carte, la moyenne horaire peut être très basse sur les routes de montagne. Comptez parfois 50 km/h de moyenne, voire moins. Prévoyez peu de déplacements les jours de randonnées ou de visites intenses.
Budget, hébergements et aspects pratiques
Comparaison des coûts : Pays-Bas vs Écosse
Sur un voyage combiné, les coûts majeurs seront la location de voiture, l’hébergement, le carburant et les repas. Globalement :
- Hébergement :
- Aux Pays-Bas, les tarifs sont élevés dans les grandes villes (Amsterdam en tête). S’éloigner du centre et disposer d’une voiture permet de réduire le coût par nuit.
- En Écosse, les B&B et petites guesthouses sont légion, mais les prix grimpent vite en été dans les zones touristiques (Skye, Highlands). Réserver en avance est fortement conseillé.
- Carburant : les prix peuvent fluctuer, mais il faut intégrer que les trajets en Écosse sont souvent plus longs et consomment davantage, notamment sur les routes de montagne où l’on joue constamment de l’accélérateur et du frein.
- Repas :
- Aux Pays-Bas, on trouve facilement des options rapides (sandwichs, snacks, marchés) pour contenir le budget.
- En Écosse, les pubs proposent des plats copieux, mais l’addition grimpe vite si l’on commande boissons et desserts à chaque repas.
Réserver ou improviser ?
Pour une combinaison Pays-Bas – Écosse, tout dépend de la période :
- Haute saison (juin à août) :
- Réservez les hébergements dans les grandes villes et les zones très touristiques (Amsterdam, Édimbourg, Skye, certains villages des Highlands).
- Gardez éventuellement 1 ou 2 nuits « libres » dans des zones moins tendues pour une part de flexibilité.
- Mi-saison (avril–mai, septembre) :
- Vous pouvez laisser davantage de marge, mais mieux vaut sécuriser les week-ends et les hébergements de petite capacité en milieu rural.
Dans tous les cas, pour un voyage structuré en autotour, l’axe principal (lieux de nuits et gros transferts) doit être défini dès le départ pour éviter de perdre du temps sur place à chercher où dormir.
Bagages et équipement pour les deux pays
Un même sac doit convenir à la fois aux villes néerlandaises et aux paysages plus rudes de l’Écosse. Quelques éléments à prévoir :
- Vêtements en couches : un système de superposition (t-shirt technique, polaire, coupe-vent imperméable) fonctionne aussi bien pour les balades à Amsterdam que pour les randonnées légères dans les Highlands.
- Chaussures : une paire de chaussures de marche légères et imperméables, suffisante pour les sentiers battus, plus une paire de chaussures urbaines pour la visite des villes.
- Équipement pluie : parapluie compact peu utile en Écosse à cause du vent ; privilégiez une bonne veste imperméable avec capuche.
- Adaptateur électrique : indispensable pour la partie écossaise (prises de type G au Royaume-Uni).
Applications et outils utiles
Pour un autotour sur deux pays, quelques outils numériques simplifient la vie :
- Application de navigation hors ligne : téléchargez les cartes des Pays-Bas et de l’Écosse pour pouvoir vous repérer même sans réseau.
- Applications de stationnement : certaines plateformes locales ou européennes permettent de payer son stationnement via smartphone.
- Convertisseur de devises : pratique en Écosse pour suivre vos dépenses en livres sterling.
- Gestion d’itinéraire : regroupez vos réservations (hôtels, vols, location de voiture) dans une seule application pour garder une vue claire sur le planning global.
Points de vigilance spécifiques à un autotour Pays-Bas – Écosse
Changer de référentiel de conduite
Le passage de la conduite à droite (Pays-Bas) à la conduite à gauche (Écosse) est souvent sous-estimé, surtout si vous reprenez le volant après une journée de transport :
- Prévoyez une première étape courte en Écosse pour vous adapter.
- Évitez de conduire de nuit ou dans des conditions météo très dégradées les premières heures.
- Utilisez des repères concrets : toujours se placer côté milieu de la route, se rappeler que les ronds-points se prennent dans l’autre sens, etc.
Temps cachés dans le planning
Plus le voyage implique de pays et de moyens de transport, plus il y a de temps « morts » à intégrer :
- Temps pour rendre et récupérer une voiture de location.
- Attente et formalités à l’aéroport.
- Transferts entre centres-villes et aéroports.
Sur un autotour combiné, ces temps peuvent représenter l’équivalent d’une à deux journées complètes sur la durée totale du séjour. Les intégrer dès la conception de l’itinéraire permet de ne pas surcharger les jours de déplacement.
Flexibilité face à la météo
En Écosse surtout, certains itinéraires ou randonnées deviennent peu agréables (voire dangereux) en cas de pluie battante, brouillard dense ou vents forts. Il est donc utile de :
- Prévoir des plans B par région (musées, visites de distilleries, balades plus courtes).
- Éviter de caler des activités très rigides (horaires de croisières, longues randonnées engagées) tous les jours.
- Laisser une ou deux demi-journées « tampon » pour rattraper une activité annulée la veille.
Documentation et préparation
Enfin, avant de partir, prenez le temps de rassembler toutes les informations pratiques : règles de conduite, zones à circulation restreinte, spécificités des routes écossaises ou des parkings néerlandais. Plus votre base de préparation est solide, plus vous pourrez vous permettre d’improviser une fois sur place.
