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    Afrique

    Chasse à la baleine en Islande : décrypter le débat avant de réserver son excursion

    06/01/2026
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    Quand on prépare un autotour en Islande, la sortie « observation des baleines » arrive très vite en haut de la liste. Sur le papier, tout semble cohérent : un pays tourné vers la mer, des ports facilement accessibles en voiture, des excursions bien rodées. Mais dès que l’on creuse un peu, un sujet sensible apparaît : la chasse commerciale à la baleine, qui subsiste encore en Islande. Avant de réserver une excursion, il est utile de comprendre ce débat et ce qu’il implique concrètement pour ton voyage.

    Comprendre la chasse à la baleine en Islande avant de partir

    Un bref rappel historique pour situer le débat

    La chasse à la baleine en Islande ne date pas d’hier. Pratiquée de manière artisanale pendant des siècles, elle s’est industrialisée au XXe siècle, puis fortement réduite après le moratoire de la Commission baleinière internationale (CBI) dans les années 1980. L’Islande s’est toutefois retirée temporairement de la CBI, avant de reprendre une chasse dite « scientifique », puis à nouveau commerciale, notamment sur certaines espèces jugées « abondantes » par les autorités islandaises.

    Pour un voyageur en road trip, ces éléments historiques ne sont pas qu’un détail. Ils expliquent pourquoi tu trouveras, dans un même port, des bateaux d’observation des cétacés qui cohabitent avec l’héritage – parfois encore actif – de la chasse. Le sujet ne se limite pas à un débat idéologique : il s’inscrit dans une histoire locale, une culture maritime et des intérêts économiques bien réels.

    Le cadre légal actuel et les espèces concernées

    Le cadre légal islandais évolue régulièrement, ce qui entretient une certaine confusion pour le visiteur. Selon les périodes, des quotas de chasse commerciale ont été autorisés pour deux espèces principales :

    • Le rorqual commun (ou baleine de fin), une grande baleine à fanons, parfois ciblée pour l’export vers certains pays d’Asie.
    • Le petit rorqual (ou baleine de Minke), plus fréquent dans les eaux islandaises, et parfois consommé localement.

    La position du gouvernement peut changer d’une année à l’autre, en fonction des pressions internationales, des considérations économiques et des études sur le bien-être animal. Avant ton départ, il est utile de vérifier la situation la plus récente (décisions de quotas, éventuels moratoires nationaux, conditions imposées aux chasseurs) pour comprendre dans quel contexte tu voyageras.

    Pourquoi la chasse à la baleine reste un sujet très visible sur place

    En autotour, tu vas souvent passer par des ports comme Reykjavik, Húsavík, Akureyri ou d’autres localités du nord. Dans certains d’entre eux, la chasse à la baleine peut se matérialiser par :

    • Des anciens bâtiments de transformation encore visibles sur les quais.
    • Des menus de restaurants proposant parfois de la viande de baleine (de moins en moins fréquent, mais encore présent).
    • Des affiches et brochures d’ONG, d’associations locales ou d’opérateurs touristiques, qui prennent position pour ou contre la chasse.

    Ce contraste entre l’image « nature préservée » de l’Islande et la réalité de la chasse est souvent déroutant pour les voyageurs. D’où l’intérêt de décrypter les arguments des différents acteurs avant de décider comment intégrer (ou pas) ce thème à ton voyage.

    Les arguments des partisans de la chasse à la baleine en Islande

    Un pilier historique et culturel pour certains Islandais

    Du point de vue de certains partisans locaux, la chasse à la baleine s’inscrit dans une tradition de subsistance. Dans un pays longtemps isolé, au climat rude, la mer a représenté une source essentielle de nourriture et de revenus. Pour ces acteurs, la chasse à la baleine s’inscrit dans la continuité d’une culture de pêcheur, où l’on exploite différentes espèces de manière encadrée, au même titre que le poisson ou d’autres mammifères marins.

    Cette dimension culturelle est régulièrement mise en avant pour justifier la poursuite de la chasse, avec un argument de souveraineté : c’est au pays, et non à la communauté internationale, de décider de la gestion de ses ressources marines.

    Des arguments économiques encore présents, mais en mutation

    Sur le plan économique, la chasse à la baleine ne représente plus aujourd’hui une part majeure du PIB islandais, loin derrière le tourisme, la pêche classique et les services. Néanmoins, elle mobilise :

    • Quelques entreprises spécialisées dans la chasse et la transformation.
    • Des emplois saisonniers dans certains ports.
    • Des exportations vers quelques marchés étrangers, principalement asiatiques.

    Cependant, la montée en puissance du tourisme – et notamment de l’observation des baleines – a changé la donne : de plus en plus d’acteurs économiques locaux défendent désormais l’idée que les baleines « valent plus vivantes que mortes », du point de vue financier. Ce glissement alimente un débat interne en Islande, qui dépasse largement la simple opposition « pro ou anti-chasse » vue de l’étranger.

    La gestion des stocks et l’argument de la « ressource renouvelable »

    Les partisans de la chasse avancent aussi un argument de gestion de ressource naturelle. Selon eux, certaines populations de baleines sont suffisamment abondantes pour supporter une chasse limitée et encadrée par des quotas. Ils mettent en avant des études locales qui évaluent les stocks et justifient, chiffres à l’appui, la possibilité d’une exploitation « durable ».

    Pour un voyageur, ces données sont difficiles à vérifier sans un bagage scientifique solide. Ce qui compte surtout, c’est de comprendre que ces arguments existent, qu’ils sont pris au sérieux par une partie des autorités islandaises, et qu’ils s’opposent frontalement aux analyses des ONG internationales de protection des cétacés.

    Les arguments des opposants à la chasse à la baleine

    Bien-être animal et souffrance des cétacés

    Les ONG de défense des animaux, de nombreuses institutions scientifiques et une partie de la population islandaise estiment que la chasse à la baleine pose des problèmes éthiques majeurs. Le principal point de tension : les méthodes de chasse (harpons explosifs notamment) entraînent souvent une mort lente et douloureuse pour l’animal, ce qui est difficilement compatible avec les standards actuels de bien-être animal.

    Cette critique ne porte pas seulement sur le volume de prise, mais sur la nature même de la pratique. Pour les opposants, une chasse « humanitaire » n’est tout simplement pas possible avec ce type d’animaux, compte tenu de leur taille, de leur intelligence et de leur système social complexe.

    Un impact sur l’image du pays et sur le tourisme

    Autre volet important : l’impact d’images de baleines abattues sur la réputation de l’Islande. Plusieurs campagnes de boycott ont déjà visé la destination, même si leur effet global reste discuté. De nombreux opérateurs touristiques locaux, qui vivent de l’observation des baleines, critiquent eux-mêmes la chasse, estimant qu’elle :

    • Nuit à l’image de destination nature responsable que l’Islande essaie de projeter.
    • Crée un malaise chez les visiteurs, qui se retrouvent face à des menus proposant la viande de l’espèce qu’ils viennent d’admirer en mer.
    • Peut, dans certains cas, perturber les populations de cétacés observables autour de certaines zones de chasse.

    Pour un voyageur en autotour, cette perception joue un rôle : certains choisissent d’écarter toute consommation de produits issus de la baleine, d’autres décident de privilégier des opérateurs clairement engagés contre la chasse.

    La question de la demande réelle pour la viande de baleine

    Plusieurs études et enquêtes locales laissent entendre que la consommation de baleine en Islande est loin d’être massive parmi les résidents. Une part non négligeable de la demande pourrait même provenir de la curiosité des touristes, qui veulent « goûter une fois » un produit qu’ils perçoivent comme typique, sans forcément se rendre compte de la portée de leur choix.

    Ce point est crucial : en tant que visiteur, tu as un pouvoir sur la demande. Refuser de consommer de la viande de baleine envoie un signal aux restaurateurs, qui peuvent être incités à retirer ce plat de leurs menus s’il ne se vend pas. Cet aspect pratique du débat est souvent plus concret pour un voyageur que les discussions de quotas et de conventions internationales.

    Observation des baleines et chasse : impact sur les excursions pendant ton road trip

    Peut-on faire une excursion tout en s’opposant à la chasse ?

    Beaucoup de voyageurs se posent la même question : réserver une sortie d’observation de baleines revient-il à cautionner, d’une manière ou d’une autre, la chasse islandaise ? En pratique, la plupart des opérateurs d’observation sont distincts des entreprises de chasse. De nombreux prestataires affichent même clairement une position anti-chasse, considérant que leur activité dépend de la préservation durable des populations de cétacés.

    Il est donc tout à fait possible d’observer les baleines tout en prenant une position personnelle contre la chasse, à condition de choisir avec soin l’entreprise avec laquelle tu vas sortir en mer, en vérifiant sa charte éthique et ses pratiques.

    Choisir un opérateur responsable : les critères à regarder

    Depuis mes propres autotours en Islande, j’ai retenu quelques critères concrets pour sélectionner un prestataire d’observation des cétacés :

    • Position claire sur la chasse : certains opérateurs expliquent sur leur site ou à bord qu’ils s’y opposent, soutiennent des campagnes de sensibilisation ou financent des programmes de recherche.
    • Distance d’approche respectée : les bateaux doivent garder une distance minimale, ne pas encercler les animaux et limiter la vitesse à proximité des groupes.
    • Nombre de bateaux sur zone : privilégier des excursions qui ne contribuent pas à saturer les zones d’observation avec trop de navires en même temps.
    • Guides formés : de bons guides expliquent la biologie des espèces, les enjeux de conservation et contextualisent aussi le débat sur la chasse.

    Pour affiner ton choix de port de départ, de saison et d’opérateur, tu peux consulter notre dossier complet sur l’observation des baleines en Islande en mode road trip, où je détaille les zones les plus propices, les types de bateaux et les retours d’expérience concrets.

    Les questions utiles à poser avant de réserver

    Avant de valider une excursion, tu peux poser quelques questions simples par mail ou directement au guichet :

    • « Quelle est votre politique de distance minimale avec les animaux ? »
    • « Collaborez-vous avec des biologistes ou des programmes de recherche ? »
    • « Avez-vous une position officielle sur la chasse à la baleine ? »
    • « Combien de bateaux sortent en même temps en haute saison ? »

    La qualité des réponses, et le ton employé, donnent souvent une bonne idée du sérieux de l’opérateur. Un prestataire qui prend le temps de répondre de manière précise et transparente inspire généralement plus confiance qu’un vendeur pressé de conclure la vente.

    Réfléchir aussi à l’impact global du tourisme d’observation

    Même lorsqu’elle est bien encadrée, l’observation des baleines n’est pas neutre. Le bruit des moteurs, la fréquentation de certaines zones, le dérangement potentiel des animaux sont à prendre en compte. Les bonnes pratiques à garder en tête quand tu es à bord :

    • Éviter de courir d’un côté à l’autre du bateau, ce qui incite parfois l’équipage à se rapprocher trop brutalement des animaux.
    • Limiter les photos avec flash.
    • Respecter les consignes du guide quand il demande de garder le silence ou de rester sur une zone précise du bateau.
    • Ne rien jeter à la mer, même pas un mouchoir.

    Ces gestes simples contribuent à rendre ton expérience plus cohérente avec un tourisme responsable, même dans un contexte de débat sur la chasse.

    Intégrer (ou non) l’observation des baleines à son autotour : choix et arbitrages

    Identifier ton propre positionnement avant de partir

    Avant de construire ton itinéraire, il est utile de clarifier ce que tu acceptes ou non par rapport à ce sujet. Quelques questions à te poser :

    • Es-tu à l’aise avec l’idée d’observer des animaux encore chassés dans le même pays ?
    • Souhaites-tu que ton voyage reste neutre sur ce terrain, ou au contraire exprimer un positionnement plus engagé (choix d’opérateurs, boycott de certains restaurants, etc.) ?
    • Jusqu’où es-tu prêt à adapter ton itinéraire pour privilégier certaines zones ou certains prestataires ?

    Une fois ton propre cadre posé, tu pourras planifier ta sortie (ou décider de t’en passer) de manière cohérente, sans te laisser surprendre sur place par des situations auxquelles tu n’avais pas pensé.

    Adapter ton itinéraire d’autotour en fonction des ports et des saisons

    La plupart des road trips en Islande passent par au moins un port d’embarquement potentiel pour observer les baleines :

    • Reykjavik : pratique si tu restes peu de temps, mais plus touristique et plus fréquenté.
    • Húsavík : souvent considérée comme la « capitale de l’observation des baleines », avec un taux élevé de rencontres.
    • Akureyri : bonne option si ton itinéraire te fait passer par le nord, avec un accès facile en voiture.
    • Petits ports du nord et de l’ouest : ambiance plus locale, moins de navires, parfois saison plus courte.

    En fonction de ton niveau de sensibilité au sujet de la chasse, tu peux :

    • Privilégier un port réputé pour le sérieux de ses opérateurs d’observation.
    • Éviter certaines zones historiquement liées à la chasse si cela te met mal à l’aise.
    • Programmer ta sortie en début ou fin de journée pour limiter le nombre de bateaux en même temps sur zone.

    Consommation sur place : menus, souvenirs et comportements à surveiller

    Au-delà de la sortie en mer, ton comportement au quotidien peut aussi peser dans le débat, même modestement. Trois points concrets :

    • Restaurants : refuser de commander de la viande de baleine si tu t’y opposes, et éventuellement le signaler poliment au serveur quand il propose le plat.
    • Souvenirs : éviter tout produit issu de la baleine (graisse, objets décoratifs, etc.), même présenté comme traditionnel ou « une fois pour essayer ».
    • Discours : ne pas banaliser la chasse en la présentant comme une attraction folklorique, surtout si tu voyages en groupe ou avec des enfants.

    Ces choix ne transforment pas à eux seuls la politique d’un pays, mais ils contribuent à fixer une demande touristique plus cohérente avec les valeurs que tu souhaites défendre.

    Autres alternatives nature si tu renonces à l’observation des baleines

    Si, après réflexion, tu préfères ne pas participer au tourisme d’observation des cétacés, l’Islande offre de nombreuses alternatives tout aussi marquantes, parfaitement compatibles avec un road trip :

    • Observation d’oiseaux marins (macareux, guillemots, fulmars) sur les falaises de l’ouest ou du nord, facilement accessibles en voiture.
    • Randonnées le long des fjords, avec parfois des chances d’apercevoir des dauphins ou des phoques depuis la côte, sans embarcation.
    • Visite de centres d’interprétation marins et de musées locaux, qui permettent de comprendre la culture islandaise de la mer sans passer par l’observation en mer.
    • Exploration des zones géothermiques, glaciers et volcans, qui constituent déjà en soi le cœur de nombreux itinéraires d’autotour.

    En structurant ton itinéraire autour de ces expériences, tu peux profiter pleinement de l’Islande tout en restant en phase avec ta position personnelle sur la chasse et l’observation des baleines.

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