L’Islande attire de plus en plus de voyageurs en quête de paysages spectaculaires, mais la majorité se contente d’un rapide tour du Cercle d’Or au départ de Reykjavik. En autotour, il est pourtant possible de sortir très facilement des sentiers battus, même sur quelques jours, en construisant des itinéraires thématiques autour de la capitale. L’objectif n’est pas de « tout voir », mais de structurer votre road trip selon vos centres d’intérêt : géothermie, côtes sauvages, culture locale, ou encore baignades insolites. Cet article propose des idées d’itinéraires concrets, testés sur le terrain, avec des temps de trajet réalistes et des points d’arrêt précis pour un autotour efficace et bien organisé.
Pourquoi organiser un autotour thématique autour de Reykjavik
Reykjavik est souvent vue comme une simple porte d’entrée vers le Cercle d’Or. En réalité, c’est un excellent camp de base pour multiplier les escapades en étoile sur 1 à 5 jours. L’intérêt de l’autotour autour de Reykjavik est double : vous optimisez vos trajets en regroupant les points d’intérêt par thématique, et vous restez flexible en adaptant les journées selon la météo. Cette approche thématique permet aussi d’éviter la frustration d’itinéraires trop ambitieux, où l’on passe plus de temps sur la route qu’à profiter des lieux. Avec une bonne planification, les distances restent raisonnables (souvent moins de 250 km par jour) et les arrêts sont pensés pour limiter les détours inutiles.
Un autre avantage de la zone de Reykjavik pour un autotour, c’est la diversité des paysages accessibles en peu de temps : péninsules volcaniques, plages de sable noir, villages de pêcheurs, champs géothermiques, lacs et sources chaudes naturelles. En moins d’une heure de route, l’ambiance peut changer du tout au tout. C’est parfaitement adapté à un voyageur qui dispose de peu de jours mais souhaite un aperçu varié de l’Islande sans risquer de longs trajets sur des pistes isolées. Le cadre reste globalement sécurisé, avec une bonne couverture réseau et des routes principales bien entretenues.
Itinéraires thématiques insolites au départ de Reykjavik
1. Itinéraire géothermal et baignades insolites (1 à 2 jours)
Pour un premier autotour thématique, l’axe géothermal est l’un des plus simples à mettre en place depuis Reykjavik. Il combine des sites spectaculaires et des bains moins fréquentés que les spots les plus connus. Une variante plus classique de ce type de parcours est détaillée dans notre dossier complet consacré à un autotour de Reykjavik au Cercle d’Or, mais ici l’objectif est d’explorer des lieux un peu décalés.
Départ tôt de Reykjavik en direction de Hveragerði (environ 45 minutes par la Route 1). Le village est connu pour ses serres chauffées naturellement et ses sentiers de randonnée. Garez-vous au parking de la vallée de Reykjadalur (piste accessible en voiture de tourisme par temps normal) et prévoyez 2 à 3 heures de marche aller-retour pour atteindre la rivière chaude, idéale pour un bain en pleine nature. L’eau varie en température selon les zones, mieux vaut tester progressivement. En haute saison, commencez tôt pour éviter la foule.
Après Hveragerði, reprenez la Route 1 vers Selfoss, puis bifurquez vers le nord ou l’est selon le temps dont vous disposez. Avec une journée complète, il est pertinent d’enchaîner avec la région de Flúðir pour le Secret Lagoon (Gamla Laugin). Ce bassin historique, moins sophistiqué que certains spas connus, offre une ambiance plus authentique. Comptez environ 1 h 15 de route entre Hveragerði et Flúðir. Fin de journée, vous pouvez soit revenir dormir à Reykjavik (environ 1 h 30 de route), soit opter pour une nuit dans une guesthouse de campagne pour profiter du calme et, en saison, des aurores boréales.
2. Itinéraire culture, architecture et street art à Reykjavik (1 jour)
Un autotour n’implique pas forcément de longs kilomètres quotidiens. Il est cohérent d’intégrer une journée « courte distance » dédiée à l’exploration méthodique de Reykjavik et des alentours proches. L’idée est de garder la voiture pour plus de flexibilité (surtout en hiver) tout en alternant marche et petits trajets. Commencez par vous garer près de la Hallgrímskirkja, l’église emblématique de la ville. Une montée au clocher donne un bon aperçu de la géographie de Reykjavik, utile pour mieux comprendre la suite de vos déplacements.
Ensuite, descendez à pied vers le quartier de Laugavegur, axe principal du shopping et du street art. De nombreuses façades sont couvertes de fresques, et certaines ruelles sont particulièrement riches en détails (pensez à lever les yeux, plusieurs œuvres se situant en hauteur). Dans une logique d’itinéraire thématique, vous pouvez vous concentrer sur trois axes : architecture contemporaine (Harpa, centre de conférences en bord de mer), street art (Laugavegur, Hverfisgata, rues adjacentes), et culture islandaise (musée national, musée Saga, ou musée des arts). Les distances sont modestes, mais prévoyez 4 à 6 heures de visite.
En fin de journée, reprenez la voiture pour longer le front de mer vers Seltjarnarnes. Le phare de Grótta est facilement accessible, avec un parking proche. Par temps dégagé, c’est un bon poste d’observation vers la mer et, en hiver, un spot intéressant pour les aurores boréales tout en restant à quelques minutes du centre-ville. Cet itinéraire reste volontairement court en kilomètres, mais dense en arrêts, ce qui demande une planification horaire aussi rigoureuse qu’une longue étape de route.
3. Itinéraire côtes sauvages et villages de pêcheurs sur la péninsule de Reykjanes (1 jour)
La péninsule de Reykjanes est souvent réduite au simple passage à l’aéroport ou à un stop au Blue Lagoon. Pourtant, elle concentre de nombreux points d’intérêt géologiques et côtiers qui se prêtent très bien à un autotour en boucle au départ de Reykjavik. Comptez une journée complète, avec 200 à 220 km de route environ selon les variantes. Départ par la Route 41 en direction de Keflavik, puis bifurcation vers le sud en suivant les indications pour la côte (Route 44 puis 425 selon les sections).
Premier arrêt conseillé : la zone de Seltún (Krýsuvík), champs géothermiques avec fumerolles, bassins de boue et passerelles en bois. L’accès est proche de la route et ne nécessite pas de randonnée. Prévoyez 45 minutes sur place pour une visite confortable. En poursuivant vers l’ouest, intégrez un arrêt à la falaise de Krýsuvíkurberg si les conditions sont correctes : vue sur des falaises abruptes et l’océan, avec fréquente présence d’oiseaux marins au printemps. Attention à bien vous garer dans les zones prévues, certaines portions de route secondaires pouvant être rugueuses.
Continuez ensuite vers le phare de Reykjanesviti et le pont entre deux continents (Brú milli heimsálfa), symbolisant la jonction entre les plaques tectoniques nord-américaine et eurasienne. Ces arrêts sont proches l’un de l’autre et facilement combinables. Selon votre timing, vous pouvez terminer la journée par un bain dans un spa géothermal (Blue Lagoon ou alternatives moins connues) avant de remonter vers Reykjavik. Cette boucle permet de profiter de la côte, des paysages volcaniques et de l’océan, sans dépasser un rayon de 80 km autour de la capitale.
4. Itinéraire nuit et aurores boréales autour de Reykjavik (soirée ou nuit courte)
Pour ceux qui voyagent entre septembre et mars, un itinéraire spécifique orienté « chasse aux aurores boréales » autour de Reykjavik peut se planifier comme un véritable mini-autotour nocturne. L’idée est de repérer en amont 3 à 4 spots accessibles rapidement depuis la ville, avec des parkings corrects et peu de pollution lumineuse, puis de vous y déplacer au fil de la soirée en fonction des prévisions. Parmi les points classiques : le phare de Grótta (déjà évoqué), le lac Kleifarvatn (environ 30 minutes de route), ou encore les environs de Mosfellsbær vers le nord.
La clé de cet itinéraire thématique réside dans la préparation : vérification de l’indice Kp (activité géomagnétique), consultation des prévisions de couverture nuageuse, et définition claire de vos créneaux horaires pour éviter de conduire trop tard avec la fatigue. En pratique, il est pertinent de fixer un rayon d’action d’environ 40 km autour de Reykjavik, de prévoir des vêtements chauds, une lampe frontale et une application de navigation hors ligne en cas de coupure réseau. Même sans aurores garanties, ces sorties nocturnes permettent de découvrir une autre facette des paysages islandais, avec très peu de circulation et une atmosphère particulière.
Conseils pratiques pour structurer son autotour à Reykjavik
Choisir la bonne durée de séjour
Pour des itinéraires thématiques autour de Reykjavik, la durée minimale recommandée est de 4 à 5 jours. Cela permet d’alterner entre journées de route modérée (100 à 250 km) et journées principalement urbaines ou de randonnée légère. Sur un court séjour de 3 jours, il reste possible de combiner une journée géothermie, une journée côte sauvage et une journée centrée sur Reykjavik, mais le rythme sera plus serré. Au-delà d’une semaine, vous pouvez intégrer des extensions vers le sud (Vík, plages de sable noir) ou le nord-ouest (Borgarnes, péninsule de Snæfellsnes) tout en gardant Reykjavik comme base.
Pour éviter une surcharge d’itinéraire, une règle simple consiste à limiter vos « gros trajets » (plus de 200 km dans la journée) à un jour sur deux, et à conserver au moins une journée « légère » centrée sur la capitale elle-même. Cette alternance est particulièrement utile en hiver, où la durée du jour est réduite et les conditions de conduite plus exigeantes. En pratique, mieux vaut renoncer à un site secondaire plutôt que d’arriver de nuit dans des zones peu éclairées.
Location de voiture et type de véhicule
Pour ces itinéraires autour de Reykjavik, un véhicule de tourisme standard suffit la majeure partie de l’année, tant que vous restez sur les routes principales (Routes 1, 41, 42, 43, 44, 425, etc.) et les accès bien balisés. Un 4×4 devient intéressant en hiver (neige, verglas, vents forts) ou si vous prévoyez d’explorer des routes secondaires moins entretenues. Vérifiez systématiquement les conditions comprises dans la location : assurance gravier, protection contre le sable et les cendres, franchise en cas de dommage. Ces éléments peuvent faire varier notablement le budget global, mais sont à mettre en parallèle avec les risques réels liés aux vents violents et aux projections sur la carrosserie.
Avant le départ quotidien, prenez l’habitude de vérifier l’état des routes sur les sites officiels islandais (Vegagerðin) et la météo sur les portails dédiés. Les fermetures de routes ou les avertissements pour vents forts sont fréquents en automne et en hiver. Un itinéraire théorique doit toujours rester ajustable en fonction de ces alertes, notamment pour les portions côtières ou exposées.
Organisation des journées type
Une journée d’autotour bien structurée autour de Reykjavik s’articule généralement selon le schéma suivant : départ tôt (entre 8 h et 9 h), premier arrêt à moins d’une heure de route, alternance de 2 à 4 arrêts principaux dans la journée, retour ou installation à l’hébergement avant la nuit. En été, la longueur du jour permet de décaler les visites vers le soir pour éviter les heures de pointe sur les sites les plus fréquentés, mais en hiver il est crucial de caler les trajets de route sur les heures de clarté maximale.
Prévoyez toujours une marge horaire pour un arrêt imprévu (point de vue, météo changeante, visite prolongée). Dans un planning réaliste, un trajet annoncé à 2 heures sur le GPS se transforme souvent en 3 heures effectives une fois intégrés les arrêts photos, les pauses sanitaires et les limitations de vitesse en zones ventées. Une approche méthodique consiste à prévoir un « plan A » et un « plan B » chaque jour : le premier incluant tous les arrêts souhaités, le second réduisant la liste en cas de retard ou de mauvaises conditions.
Budget, saison idéale et points de vigilance locaux
Budget d’un autotour autour de Reykjavik
Les coûts d’un autotour à partir de Reykjavik se répartissent entre location de véhicule, carburant, hébergement, restauration et éventuels droits d’entrée (bains géothermiques, musées, parkings payants). Pour une estimation moyenne : comptez, selon la saison, entre 50 et 120 € par jour pour une voiture de tourisme, 10 à 20 € par tranche de 100 km de carburant (variable selon le prix à la pompe), 80 à 160 € par nuit pour un hébergement double de gamme moyenne, et 30 à 60 € par jour et par personne pour les repas si vous alternez supermarchés et restaurants.
Les itinéraires en étoile autour de Reykjavik peuvent réduire certains coûts, notamment en permettant de garder le même hébergement plusieurs nuits, ce qui limite les frais de ménage ou de changement de structure. En revanche, certains parkings proches des sites naturels ou des centres urbains deviennent payants, ce qui doit être anticipé dans le budget global. Prévoyez une marge quotidienne pour les bains géothermiques (de 10-15 € pour les piscines municipales à 60 € et plus pour les spas haut de gamme).
Quelle saison pour quels itinéraires thématiques
Le choix de la saison influence directement les thématiques d’itinéraire pertinentes autour de Reykjavik. De mai à septembre, les itinéraires côtiers, la randonnée (Reykjadalur, Kleifarvatn) et les explorations urbaines prolongées sont plus confortables grâce aux températures plus douces et à la durée du jour. L’été permet d’étirer les journées, mais le nombre de visiteurs augmente, surtout sur les sites faciles d’accès. À l’inverse, entre octobre et avril, la chasse aux aurores boréales devient une thématique forte, mais la conduite demande davantage de prudence.
En hiver, les itinéraires doivent être plus courts et prévoir davantage de flexibilité. Certains sentiers de randonnée peuvent être impraticables ou nécessiter un équipement spécifique (crampons, vêtements très chauds). Les bains géothermiques restent attractifs toute l’année, mais la sensation est évidemment différente lorsqu’il neige. Dans tous les cas, il est utile de vérifier la disponibilité des hébergements et des services à l’avance, certaines structures fermant hors saison ou réduisant leurs horaires.
Points de vigilance pour un autotour autour de Reykjavik
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Météo changeante : même à courte distance de Reykjavik, les conditions peuvent varier très vite, notamment sur les péninsules et les zones côtières. Ayez toujours un plan alternatif plus proche de la ville.
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Vent fort : en Islande, le vent peut être plus problématique que la neige. Faites particulièrement attention à l’ouverture des portières et aux traversées de zones exposées.
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Respect des zones interdites : ne quittez pas les routes et parkings balisés, même pour une photo. Le hors-piste est interdit et peut endommager durablement des sols fragiles.
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Gestion du carburant : autour de Reykjavik, les stations-service sont assez fréquentes, mais vérifiez tout de même votre autonomie avant de partir pour une boucle sur la péninsule de Reykjanes ou vers l’intérieur des terres.
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Temps de conduite vs temps sur place : pour un autotour thématique, l’objectif est de rester plus de temps à explorer les sites que sur la route. Réajustez votre programme si les temps de trajet s’allongent.
En organisant vos journées d’autotour autour de Reykjavik selon ces principes méthodiques et en structurant vos itinéraires par thématique (géothermie, côtes sauvages, culture urbaine, aurores boréales), vous optimisez votre temps sur place tout en limitant les imprévus. Cette approche permet de sortir réellement des circuits standardisés tout en conservant un cadre logistique maîtrisé, adapté aussi bien à un premier séjour qu’à un voyage de retour pour approfondir une zone déjà visitée.

