L’Islande est un terrain de jeu idéal pour un autotour : routes spectaculaires, nature brute et liberté totale d’organiser ses journées. Mais pour transformer ce rêve de road trip en réalité agréable, il faut une préparation méthodique. Voici des astuces concrètes et des techniques éprouvées pour planifier et vivre un autotour en Islande dans de bonnes conditions, sans mauvaises surprises logistiques.
Préparer son autotour en Islande de manière méthodique
Choisir la bonne période selon vos priorités
La première question à trancher concerne la période de départ. Chaque saison islandaise implique des contraintes de route, de météo et de budget.
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Été (mi-juin à fin août) :
- Routes majoritairement dégagées, y compris une partie des pistes F pour 4×4.
- Journées très longues (voire soleil de minuit), pratique pour rallonger les visites.
- Affluence plus forte sur les sites majeurs et prix élevés (hébergements, voitures).
- Période recommandée pour un premier autotour classique sur la route 1.
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Mi-saison (mai, septembre) :
- Compromis intéressant entre météo, fréquentation et tarifs.
- Certaines routes de montagne peuvent rester fermées, à vérifier.
- Lumière plus douce, idéal pour la photo.
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Hiver (octobre à avril) :
- Jours courts, conditions météo instables, routes parfois verglacées ou fermées.
- Accès limité à certaines régions (intérieur des terres, pistes F).
- Possible d’observer les aurores boréales, atmosphère unique.
- Autotour conseillé sur des distances réduites (Côte Sud, Péninsule de Snæfellsnes, Cercle d’Or).
La technique la plus efficace consiste à définir d’abord vos priorités (aurores, tour complet de l’île, randonnées, budget) avant de figer vos dates. Cela conditionnera tout le reste : type de véhicule, itinéraire et rythme.
Durée idéale d’un autotour en Islande
Quelques repères réalistes pour calibrer la durée de votre séjour :
- 4 à 6 jours :
- Cercle d’Or + Côte Sud jusqu’à Vik ou Jökulsárlón.
- Convient pour un premier aperçu, sans faire le tour complet de l’île.
- 7 à 10 jours :
- Tour partiel élargi : Côte Sud + Snæfellsnes ou Ouest de l’île.
- Rythme plus confortable, quelques randonnées possibles.
- 10 à 14 jours :
- Tour complet par la route N°1 (Route circulaire) avec arrêts principaux.
- Temps suffisant pour éviter les grosses journées de route.
- 15 jours et plus :
- Tour de l’île + détours vers les Fjords de l’Ouest ou l’intérieur (pistes F, en été).
- Convient aux voyageurs souhaitant alterner route, randonnées et repos.
Choisir le bon véhicule pour son autotour
Le choix du véhicule est un point clé en Islande. Il doit être adapté à la saison, à votre itinéraire et à votre niveau d’aisance au volant.
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Véhicule 2 roues motrices (citadine, compacte, break) :
- Suffisant pour la Route 1 et la plupart des routes principales hors hiver rigoureux.
- Plus économique (location, consommation), ce qui peut faire une différence notable sur un voyage long.
- Interdit sur les pistes F (routes de montagne signalées par un F).
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4×4 ou SUV :
- Indispensable si vous prévoyez des pistes F en été.
- Plus rassurant sur neige et gravier, même si ce n’est pas un gage d’invincibilité.
- Coût de location et de carburant plus élevé, à intégrer au budget global.
Pour sécuriser votre choix, vérifiez systématiquement :
- Les routes prévues sur votre itinéraire (F-road ou non).
- La saison et les risques météo (neige, verglas, vents forts).
- Les conditions d’assurance : franchise, couverture sur routes non goudronnées, bris de glace, sable et cendres.
Construire un itinéraire d’autotour adapté à l’Islande
Évaluer des distances réalistes au quotidien
En Islande, les distances peuvent paraître courtes sur la carte, mais la vitesse moyenne réelle est souvent inférieure à ce que l’on imagine. Entre les arrêts photo, les travaux, les moutons sur la route et la météo, mieux vaut rester prudent.
- Vitesse maximale : 90 km/h sur route principale, 80 km/h sur routes gravillonnées, 50 km/h en ville.
- Vitesse moyenne réaliste sur une journée : 60 à 70 km/h, parfois moins selon les arrêts.
Pour un autotour confortable, visez :
- 200 à 300 km par jour en été, avec 2 à 3 gros arrêts (sites majeurs, randonnées).
- 150 à 220 km par jour en hiver, en tenant compte de la durée du jour et des conditions.
Une technique efficace consiste à planifier d’abord les nuits (hébergements) en fonction des grandes étapes, puis à ajuster les visites entre ces points au lieu de tout remplir à l’avance. Cela vous laisse une marge de manœuvre sur place.
Intégrer les incontournables sans surcharger
Pour un premier autotour, il est tentant d’aligner tous les lieux emblématiques. Il vaut mieux en sélectionner quelques-uns par région et accepter de laisser du temps « libre » pour les imprévus, la météo ou un site découvert sur le chemin.
- Cercle d’Or (proche de Reykjavik) :
- Þingvellir : faille tectonique, histoire du parlement islandais.
- Geysir / Strokkur : geyser actif.
- Gullfoss : grande cascade en deux paliers.
- Côte Sud :
- Seljalandsfoss et Skógafoss : cascades emblématiques.
- Plage de Reynisfjara et falaises de Dyrhólaey.
- Lagune glaciaire de Jökulsárlón et Diamond Beach.
- Nord de l’Islande :
- Région de Mývatn : pseudo-cratères, zones géothermiques, bains naturels.
- Dettifoss et Goðafoss : deux cascades majeures.
- Akureyri : « capitale » du Nord, base pratique pour l’hébergement.
- Snæfellsnes :
- Kirkjufell, Arnarstapi, Djúpalónssandur : paysages variés sur une zone restreinte.
- Alternative intéressante à un tour complet si vous manquez de temps.
Une bonne pratique est de ne pas dépasser 3 grands objectifs de visite par jour (hors petits arrêts photos spontanés), surtout si vous voyagez en famille ou en hiver.
Tenir compte des temps de visite et de randonnée
Les routes ne sont qu’une partie de l’équation. Il faut aussi intégrer :
- Le temps pour marcher jusqu’aux cascades, points de vue, plages (souvent 15 à 30 minutes l’aller-retour).
- Les randonnées éventuelles (1 à 4 heures selon vos envies).
- Les bains thermaux (prévoir 2 à 3 heures, temps de route inclus).
- Les courses, le carburant et les pauses repas.
Pour fiabiliser votre timing, regardez les temps de marche indiqués sur place (souvent précis) et ajoutez une marge de 30 %. Cela permet de garder du confort sans courir après l’horloge.
Techniques de conduite et de sécurité pour un autotour en Islande
Anticiper la météo et l’état des routes
En Islande, la météo peut changer très rapidement, même en été. Avant de démarrer chaque journée de route, adoptez une routine :
- Consultez le site météo national (vedur.is) pour les prévisions de vent, pluie, neige et visibilité.
- Vérifiez l’état des routes sur road.is : fermetures, conditions (neige, verglas, gravier, travaux).
- Adaptez votre itinéraire si des alertes importantes sont signalées (vent fort, blizzard, tempête de sable).
Cette vérification quotidienne ne prend que quelques minutes mais peut vous éviter de vous retrouver bloqué ou en difficulté sur une route isolée.
Gérer les routes en gravier et les pistes
De nombreuses routes secondaires en Islande sont en gravier. Elles restent praticables, mais demandent une conduite adaptée :
- Réduisez la vitesse bien en dessous de la limite légale (souvent 60–70 km/h maximum, voire moins).
- Gardez les deux mains sur le volant : le véhicule peut être déstabilisé par les ornières.
- Augmentez les distances de sécurité pour éviter les projections de pierres (risque pour le pare-brise).
- Freinez progressivement avant les virages ; évitez les manœuvres brusques.
Les pistes F (routes de montagne) sont plus engagées : gués à franchir, nids-de-poule, pierres. Elles sont réservées aux 4×4 en été et peuvent être fermées à tout moment. Si vous n’avez pas d’expérience sur ce type de terrain, il est plus prudent de rester sur les routes principales pour un premier voyage.
Faire face au vent, au verglas et aux tempêtes
Les risques principaux ne viennent pas toujours de la neige visible, mais du vent et du verglas :
- Vent fort :
- Ouvrez les portières avec précaution, surtout côté au vent (risque d’arrachement et de choc sur la carrosserie).
- Gardez le volant fermement, particulièrement sur les ponts et zones dégagées.
- Si les autorités déconseillent de rouler, respectez ces consignes même si la route semble praticable.
- Verglas :
- Accélérations et freinages très progressifs.
- Utilisez le frein moteur autant que possible.
- Augmentez les distances de sécurité, surtout de nuit.
- Tempêtes de neige ou de sable :
- Suivez les alertes officielles, n’hésitez pas à décaler une étape.
- Protégez au maximum la voiture en la stationnant dos au vent si possible.
Une règle simple : si vous ne vous sentez pas à l’aise, ralentissez. En autotour, vous n’avez pas de correspondance à prendre, mieux vaut arriver plus tard qu’assumer un accident ou un dégât coûteux.
Planifier carburant et ravitaillement
Les stations-service se raréfient dans certaines régions (Nord-Est, Fjords de l’Ouest, intérieur des terres). Pour éviter les mauvaises surprises :
- Faites le plein dès que votre jauge descend en dessous de la moitié, surtout hors des zones les plus fréquentées.
- Conservez une carte bancaire compatible avec les automates (puce + code PIN indispensable).
- Gardez quelques encas et boissons dans la voiture au cas où la route soit plus longue que prévu.
Pour les courses alimentaires, les chaînes comme Bonus, Netto et Kronan sont généralement plus économiques. Localisez-les en amont sur votre itinéraire pour planifier les arrêts ravitaillement.
Optimiser budget, hébergements et logistique
Réserver les hébergements avec une logique d’étapes
En Islande, l’hébergement représente une part importante du budget. Il est conseillé de :
- Réserver plusieurs mois à l’avance pour l’été (3 à 6 mois si possible).
- Alterner les types d’hébergements : guesthouses, fermes, petites auberges, cottages.
- Vérifier la présence de cuisine accessible (pratique pour réduire les coûts de repas).
- Choisir des emplacements proches de la route principale mais suffisamment à l’écart pour limiter les détours inutiles.
Une façon rationnelle d’organiser votre itinéraire consiste à :
- Définir vos « gros jalons » (Reykjavik, Vík, Höfn, Egilsstaðir, Mývatn, Akureyri, Snæfellsnes…).
- Affecter une ou deux nuits à chaque zone selon le volume de visites.
- Répartir ensuite les visites sur 2 ou 3 demi-journées par secteur.
Maîtriser les coûts de l’autotour
L’Islande est un pays cher, mais un autotour bien préparé permet de mieux contrôler les dépenses. Quelques techniques :
- Location de voiture :
- Comparer plusieurs agences locales et internationales, lire les avis récents.
- Vérifier les assurances incluses et les options réellement utiles (sable, cendres, gravier, bris de glace).
- Éviter de multiplier les conducteurs si l’option est facturée cher et si ce n’est pas indispensable.
- Carburant :
- Suivre votre consommation moyenne pour anticiper le coût sur tout l’itinéraire.
- Préférer un modèle sobre si vous n’avez pas besoin d’un gros 4×4.
- Repas :
- Privilégier les hébergements avec cuisine pour préparer au moins un repas par jour.
- Faire des courses en supermarché avant d’entrer dans les zones plus isolées.
- Garder les restaurants pour quelques soirées ciblées (Reykjavik, Akureyri, régions viticoles ou pêche).
Une bonne pratique est de préparer un budget prévisionnel séparé par postes (voiture, carburant, hébergement, nourriture, activités, imprévus) et de le mettre à jour quotidiennement pendant le voyage. Cela évite les mauvaises surprises en fin de séjour.
Gérer les activités payantes et gratuites
La bonne nouvelle : la plupart des grands sites naturels (cascades, plages, points de vue) sont accessibles gratuitement ou à faible coût (parfois un simple parking payant). Les dépenses majeures concernent surtout :
- Les bains et lagons (Blue Lagoon, Sky Lagoon, bains de Mývatn, bains locaux).
- Les excursions encadrées (sortie baleines, grottes de glace, motoneige, sortie aurores guidée, randonnée sur glacier).
- Certains musées ou centres d’interprétation.
Pour équilibrer le budget :
- Sélectionnez quelques activités payantes vraiment prioritaires pour vous.
- Complétez par un maximum de visites naturelles libres, tout aussi spectaculaires.
- Regroupez éventuellement les activités coûteuses sur 1 ou 2 journées pour mieux en mesurer l’impact financier.
Astuces pratiques sur place pour un autotour fluide en Islande
Préparer une trousse de base pour la voiture
Sans transformer votre coffre en atelier, quelques éléments simples peuvent faire la différence :
- Grands sacs de courses réutilisables pour organiser le coffre (nourriture, vêtements de pluie, accessoires).
- Chiffons ou microfibres pour essuyer la buée, le pare-brise et les appareils photo.
- Petite trousse de secours (pansements, désinfectant, anti-douleurs de base).
- Thermos pour conserver une boisson chaude, très appréciable en hiver ou par temps venteux.
Ajoutez à cela des copies de vos documents importants (permis, contrat de location, coordonnées de l’agence) accessibles hors connexion.
Gérer les vêtements et l’équipement au quotidien
Le système le plus efficace en Islande est celui des couches :
- Couche de base respirante (t-shirt ou sous-vêtement technique).
- Couche intermédiaire chaude (polaire ou laine).
- Couche externe coupe-vent et imperméable (veste type hardshell, pantalon déperlant si possible).
Organisez votre sac de journée dès le matin :
- Vêtements de pluie accessibles en haut du sac.
- Bonnet, gants et tour de cou même en été (le vent peut être froid).
- Chaussures fermées avec semelles correctes (baskets robustes ou chaussures de randonnée légère).
Cette préparation réduit les arrêts inutiles pour fouiller le coffre à chaque changement de météo.
Gérer les imprévus : flexibilité et plan B
En Islande, la météo ou un incident sur la route peuvent perturber votre programme. Anticiper un plan B pour chaque grande journée est un bon réflexe :
- Prévoir une ou deux visites « repli » en intérieur (musée, bains, café, centre d’information) dans chaque zone.
- Identifier d’avance un ou deux hébergements alternatifs sur votre itinéraire, même si vous ne les réservez pas.
- Conserver une marge d’une demi-journée en fin de séjour autour de Reykjavik au cas où une étape précédente serait décalée.
Cette flexibilité ne nécessite pas de tout improviser : il s’agit plutôt de garder des options réalistes, déjà repérées, pour adapter votre autotour sans stress si nécessaire.
Profiter de l’expérience d’autres voyageurs
Avant de finaliser votre itinéraire, il peut être utile de confronter vos idées à des retours d’expérience concrets. Les blogs spécialisés et les récits d’autotours détaillés sont particulièrement utiles pour :
- Évaluer si votre programme quotidien est réaliste en termes de distances et de visites.
- Identifier des étapes intermédiaires pertinentes pour les nuits.
- Repérer des points de vigilance spécifiques (routes délicates, zones très fréquentées, conditions hivernales).
Pour approfondir la préparation de votre voyage, vous pouvez consulter notre dossier complet dédié aux autotours en Islande, qui rassemble des itinéraires concrets, des retours d’expérience détaillés et des conseils pratiques complémentaires.

