dimanche 18 janvier 2026

Organiser un voyage en Islande en autotour demande de faire des choix clairs : durée sur place, budget global, saison, type d’hébergement, rythme de conduite. L’objectif de cet article est de vous donner des scénarios d’itinéraires concrets, bâtis sur plusieurs voyages effectués sur place, afin que vous puissiez ajuster votre road trip islandais à vos contraintes de temps et de budget, sans perdre vos journées dans la voiture.

Comment calibrer son autotour en Islande selon son budget et son temps

Les grands paramètres à définir avant de tracer l’itinéraire

Avant de parler de kilomètres et de points d’intérêt, il faut clarifier quelques constantes qui vont influencer tout votre voyage en Islande en autotour :

  • Durée de séjour : un long week-end (5–6 jours), une semaine complète, 10 jours ou plus pour faire le tour complet de l’île.
  • Saison de voyage :
    • Été (juin à août) : routes dégagées, journées très longues, prix plus élevés.
    • Demi-saison (mai, septembre) : météo variable, prix un peu plus bas, moins de monde.
    • Hiver (octobre à avril) : routes parfois fermées ou difficiles, belles chances d’aurores boréales, mais itinéraires à ajuster et à raccourcir.
  • Type de véhicule :
    • Berline 2 roues motrices : suffisante pour un itinéraire classique le long de la route 1 en été.
    • 4×4 : recommandé pour l’hiver, les pistes secondaires, certains accès de la péninsule des Hautes Terres (F-roads, seulement en été).
  • Type d’hébergement :
    • Campings (été uniquement) : l’option la plus économique, mais dépendante de la météo.
    • Guesthouses et fermes-auberges : bon compromis confort/prix.
    • Hôtels : plus chers, à réserver très tôt en haute saison.
  • Activités payantes : sorties baleines, grottes de glace, lagons géothermiques, excursions 4×4 guidées… Elles font rapidement grimper le budget et doivent être intégrées dès la phase de planification.

Une fois ces paramètres fixés, vous pouvez choisir un scénario d’itinéraire adapté. Les propositions ci-dessous sont pensées pour optimiser les temps de route, limiter les allers-retours et vous permettre de voir un maximum de paysages sans transformer votre voyage en marathon automobile.

Autotour en Islande 5 à 7 jours : concentrer l’essentiel sans survoler

Sur une semaine, il est contre-productif de vouloir faire le tour complet de l’île. Les distances paraissent courtes sur la carte, mais la météo et les arrêts fréquents rallongent tout. Je recommande plutôt de concentrer votre voyage en Islande en autotour sur trois zones majeures : le Cercle d’Or, la côte sud jusqu’à Vik ou Höfn, et la péninsule de Reykjanes.

Scénario “budget maîtrisé” : 6 jours entre Reykjavik, Cercle d’Or et côte sud

Profil visé : premier voyage, budget serré à moyen, hébergement en guesthouse/airbnb simple, peu d’activités payantes, location d’une petite voiture 2 roues motrices en été.

  • Jour 1 – Arrivée, Reykjavik, prise en main du véhicule
    • Arrivée à l’aéroport de Keflavik.
    • Récupération de la voiture, trajet vers Reykjavik (environ 45 min).
    • Visite du centre-ville à pied, Hallgrímskirkja, vieux port.
    • Nuit à Reykjavik ou dans les environs pour limiter le coût.
  • Jour 2 – Cercle d’Or en autotour
    • Départ tôt pour éviter les bus touristiques.
    • Parcours classique : parc national de Þingvellir, zone géothermique de Geysir, chute de Gullfoss.
    • Possibilité d’ajouter le cratère de Kerið (entrée modeste mais payante).
    • Nuit vers Selfoss ou Hella pour préparer la suite sur la côte sud.
  • Jour 3 – Côte sud jusqu’à Vik
    • Arrêts aux cascades de Seljalandsfoss et Skógafoss.
    • Plage de sable noir de Reynisfjara (prudence avec les vagues).
    • Petite randonnée possible vers le plateau au-dessus de Vik si la météo le permet.
    • Nuit à Vik ou alentours.
  • Jour 4 – Vers Skaftafell et Jökulsárlón (optionnel selon budget et fatigue)
    • Route jusqu’au parc national de Skaftafell : plusieurs randonnées balisées et accessibles.
    • Lagune glaciaire de Jökulsárlón et Diamond Beach (aller-retour possible à la journée depuis Vik, mais assez long).
    • Si fatigue ou budget serré : raccourcir et dormir à Kirkjubæjarklaustur au lieu d’aller jusqu’à Höfn.
  • Jour 5 – Retour vers l’ouest
    • Retour progressif vers Reykjavik avec des arrêts sur des lieux éventuellement manqués à l’aller.
    • Possibilité de passer par la piscine géothermique de Seljavallalaug (marche d’approche, gratuit, mais parfois très fréquenté).
    • Nuit proche de Reykjavik ou directement près de l’aéroport si départ tôt le lendemain.
  • Jour 6 – Péninsule de Reykjanes ou baignade géothermique économique
    • Découverte rapide de la péninsule : zones géothermiques, pont entre les continents, falaises.
    • Si le budget ne permet pas le Blue Lagoon, viser des alternatives moins chères comme les piscines municipales ou certains bains géothermiques plus locaux.
    • Retour à l’aéroport, restitution du véhicule.

Budget estimatif (hors vols, pour 2 personnes, été, 6 jours) :

  • Location petite voiture : 350–450 €
  • Carburant : 180–230 € selon itinéraire précis
  • Hébergements simples : 600–900 €
  • Nourriture (courses + quelques restos) : 350–500 €
  • Activités payantes (minimales) : 100–200 €

Total indicatif : 1 600 à 2 200 € pour 2 personnes, en restant raisonnable sur les extras.

Scénario “confort et activités” : 7 jours avec excursions et lagon

Profil visé : budget plus souple, volonté d’inclure des excursions guidées (baleines, grotte de glace, super-jeep) et de meilleurs hébergements.

  • Itinéraire similaire au scénario précédent, mais avec :
    • 1 nuit supplémentaire pour réduire les temps de route et mieux profiter de chaque étape.
    • Une excursion baleines depuis Reykjavik ou Húsavík (si vous poussez plus au nord).
    • Un lagon géothermique “premium” (Blue Lagoon, Sky Lagoon ou équivalent).
    • Possiblement une sortie guidée sur glacier (randonnée glacière ou grotte de glace selon saison).

Budget estimatif (hors vols, 2 personnes, 7 jours) : 2 300 à 3 000 € selon le niveau d’hébergement et le nombre d’activités payantes.

Autotour en Islande sur 10 jours : tour partiel ou boucle quasi-complète

Avec 10 jours pleins, vous pouvez commencer à envisager une boucle plus large autour de l’île. Vous n’aurez pas le temps d’explorer en profondeur toutes les régions, mais il devient réaliste de parcourir une grande partie de la route 1, dans le sens des aiguilles d’une montre ou l’inverse.

Scénario “tour classique de la route 1” en 10 jours

Ce scénario convient à des voyageurs prêts à rouler presque tous les jours, avec des journées de 3 à 4 heures de conduite en moyenne, parfois plus. Il est adapté plutôt au printemps ou à l’été, quand les routes sont dégagées.

  • Jour 1 – Reykjavik et prise en main
  • Jour 2 – Cercle d’Or
  • Jour 3 – Côte sud jusqu’à Vik
  • Jour 4 – Vik → Skaftafell → Höfn
    • Découverte de Skaftafell (randonnées possibles) et des lagunes glaciaires.
    • Nuit vers Höfn.
  • Jour 5 – Côte est, fjords et petits ports
    • Route sinueuse le long des fjords de l’est.
    • Arrêts dans des villages comme Djúpivogur ou Seyðisfjörður (déviation à prévoir).
    • Nuit vers Egilsstaðir ou Seyðisfjörður.
  • Jour 6 – Region du lac Mývatn
    • Route Egilsstaðir → Mývatn.
    • Visite des champs de lave, zones géothermiques, pseudo-cratères.
    • Bains de Mývatn (alternative au Blue Lagoon, souvent un peu moins chers).
    • Nuit dans la région de Mývatn.
  • Jour 7 – Akureyri et nord de l’Islande
    • Dettifoss et Selfoss (si les routes sont ouvertes, à vérifier selon saison).
    • Route vers Akureyri, arrêt dans la ville, vue sur le fjord.
    • Nuit à Akureyri ou dans un village voisin.
  • Jour 8 – Retour vers l’ouest, péninsule de Vatnsnes (option phoques)
    • Route vers l’ouest avec possibilité de détour vers la péninsule de Vatnsnes pour observer des phoques.
    • Nuit vers Hvammstangi ou plus au sud selon votre progression.
  • Jour 9 – Route vers Reykjavik ou Snæfellsnes (si vous acceptez une journée plus chargée)
    • Option A : retour direct vers Reykjavik, temps libre pour explorer la capitale.
    • Option B : pousser jusqu’à la péninsule de Snæfellsnes et y passer la nuit, mais la journée sera plus dense en kilomètres.
  • Jour 10 – Reykjavik, souvenirs et départ

Pour ce type de boucle, l’anticipation est essentielle : réserver les hébergements à l’avance, organiser les grandes étapes, prévoir des marges de sécurité en cas de météo défavorable.

Scénario “10 jours concentrés sur l’ouest et le nord” (moins de route, plus de temps sur place)

Si vous ne voulez pas passer vos vacances à enchaîner les kilomètres, vous pouvez renoncer à la côte est et au sud profond pour vous concentrer sur l’ouest, le nord et la péninsule de Snæfellsnes. Vous verrez moins de régions différentes, mais vous passerez plus de temps dehors et moins en voiture.

  • 2 jours : Reykjavik + Cercle d’Or.
  • 3 jours : découverte approfondie de la péninsule de Snæfellsnes (plages, falaises, glacier, villages de pêcheurs).
  • 3 jours : nord de l’Islande autour de Mývatn et Akureyri.
  • 2 jours : retour progressif vers l’ouest, avec détours possibles (péninsule de Vatnsnes, Borgarnes, sources chaudes locales).

Ce type de scénario convient bien aux voyageurs qui veulent prendre le temps (familles, personnes peu intéressées par les longues journées de conduite, ou simplement ceux qui préfèrent approfondir un secteur).

Autotour en Islande 14 à 15 jours : tour complet et variantes par budget

Avec deux semaines pleines, il devient possible d’effectuer un tour complet de l’Islande en autotour tout en incluant des détours vers des régions moins fréquentées, comme les fjords de l’ouest ou certains hauts plateaux (en été et avec un véhicule adapté).

Scénario “tour complet économique” en 14 jours

Profil : priorité au tour de l’île, peu ou pas d’activités payantes, hébergements économiques (guesthouses simples, campings en été), véhicule standard.

  • Jours 1 à 3 : identiques à un début de séjour classique (Reykjavik, Cercle d’Or, côte sud jusqu’à Höfn).
  • Jours 4 à 6 : côte est, Egilsstaðir, Mývatn.
  • Jours 7 à 9 : région d’Akureyri puis progression vers l’ouest.
  • Jours 10 à 12 : fjords de l’ouest (si la saison le permet) avec un rythme plus lent et quelques petites randonnées.
  • Jours 13 et 14 : péninsule de Snæfellsnes, puis retour à Reykjavik.

En mode économique, les postes à surveiller sont :

  • Privilégier les campings en été (tout en prévoyant un équipement adapté au vent et à la pluie).
  • Faire ses courses dans les supermarchés les moins chers (Bonus, Netto) et limiter les restaurants.
  • Éviter de multiplier les lagons haut de gamme et se tourner vers les piscines municipales, très abordables.
  • Utiliser les nombreuses randonnées gratuites comme activités principales.

Scénario “deux semaines confort avec activités phares”

Budget plus élevé, hébergements de bonne qualité, combinaison de conduite autonome et d’excursions organisées sur certains sites difficiles d’accès ou spécifiques (volcans, glaciers, grottes de glace, Highlands).

  • 4 à 5 activités majeures à répartir sur 2 semaines :
    • Sortie baleines (nord ou Reykjavik).
    • Randonnée sur glacier ou grotte de glace (selon saison, généralement côté sud).
    • Lagon géothermique “signature” (Blue Lagoon, Sky Lagoon ou autre).
    • Excursion en super-jeep dans les Hautes Terres (Landmannalaugar, Thórsmörk, en saison).
    • Éventuellement une sortie cheval islandais.
  • Itinéraire similaire au tour complet, mais avec :
    • Plus de doubles nuits au même endroit pour réduire la fatigue.
    • Moins de jours uniquement dédiés à la route.
    • Une vraie journée de repos en milieu de séjour (sans longues heures de conduite).

Dans cette configuration, le budget pour 2 semaines et 2 personnes peut facilement dépasser 4 000 à 5 000 €, selon le niveau d’hébergement et le nombre d’excursions payantes.

Adapter son itinéraire d’autotour en Islande à la saison et à la météo

Particularités d’un autotour en hiver

En hiver, les distances à parcourir doivent être revues à la baisse. La route peut être verglacée, la visibilité réduite, et certains axes fermés. Par expérience, il est rare de dépasser 200–250 km par jour dans de bonnes conditions, et parfois beaucoup moins.

  • Privilégier l’ouest et le sud (Reykjavik, Cercle d’Or, côte sud jusqu’à Vik ou Skaftafell).
  • Éviter de s’engager dans de longs trajets quotidiens.
  • Réserver un véhicule 4×4 et surveiller quotidiennement l’état des routes (site officiel road.is) ainsi que les alertes météo.
  • Prévoir des journées “tampons” ou souples, pouvant être réarrangées en cas de tempête.

Les aurores boréales constituent un objectif fréquent pour un voyage en Islande en autotour hivernal, mais il ne faut pas baser tout le séjour dessus : la météo peut être couverte plusieurs jours d’affilée. Mieux vaut prévoir un itinéraire intéressant en journée, avec l’observation des aurores comme bonus quand les conditions s’y prêtent.

Autotour en été : routes ouvertes mais fréquentation élevée

En été, les jours sans nuit permettent de conduire tôt ou tard, ce qui donne plus de flexibilité. En contrepartie, certains lieux très connus (Gullfoss, Reynisfjara, Blue Lagoon) sont fortement fréquentés.

  • Réserver longtemps à l’avance les hébergements, surtout sur la côte sud et autour de Mývatn.
  • Viser les sites très populaires tôt le matin ou en soirée pour limiter la foule.
  • Envisager des variantes moins connues (piscines locales, randonnées secondaires) pour éviter un effet “file d’attente permanente”.
  • Si vous avez un 4×4 et que les pistes F sont ouvertes, intégrer une journée dans les Hautes Terres (Landmannalaugar par exemple), en gardant une grande prudence et sans forcer les passages de gué.

Optimiser coûts et logistique pour son road trip en Islande

Stratégies pour réduire le budget sans dégrader l’expérience

  • Limiter le nombre de bases différentes : rester 2 nuits au même endroit réduit les coûts indirects (temps de route, consommation, frais annexes) et permet d’obtenir parfois de meilleurs tarifs.
  • Choisir un itinéraire réaliste : plutôt que d’enchaîner tout le pays en 7 jours, préférer une zone restreinte mais bien explorée, ce qui diminue les kilomètres parcourus et donc le carburant.
  • Cuisiner soi-même : beaucoup d’hébergements proposent une cuisine commune. Un plein de courses dans un supermarché bon marché revient bien moins cher que plusieurs restaurants.
  • Prioriser les activités : plutôt que quatre excursions moyennes, choisir une ou deux expériences fortes et bien notées, et combiner le reste avec des randonnées gratuites.

Location de voiture et assurance : points de vigilance

  • Vérifier le kilométrage (généralement illimité, mais à confirmer).
  • Étudier les options d’assurance :
    • Protection contre le gravier (chairs gravel) souvent recommandée.
    • Assurance sable et cendres, utile dans certaines zones.
    • Franchise et dépôt de garantie à anticiper.
  • Inspecter minutieusement le véhicule à la prise en charge et prendre des photos (rayures, impacts déjà présents).
  • En hiver, demander explicitement des pneus adaptés (cloutés ou pneus neige selon la réglementation et la saison).

Pour aller plus loin dans la préparation logistique (choix du véhicule, enchaînement des étapes, arbitrage entre confort et coût), vous pouvez vous appuyer sur l’expérience accumulée sur le blog Autotours.fr ; un article détaillé pour préparer un voyage autotour en Islande vous permettra de croiser ces scénarios théoriques avec des retours de terrain concrets.

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