Partir en voyage autotour, c’est choisir la liberté de se déplacer à son rythme, avec un itinéraire souple et des étapes pensées selon ses envies. Mais tous les voyageurs n’ont pas les mêmes attentes : certains veulent en voir un maximum en peu de temps, d’autres préfèrent rouler peu et profiter des hébergements, d’autres encore voyagent en famille ou avec un budget très serré. Adapter l’itinéraire au profil de voyageur est donc essentiel pour que le road trip reste un plaisir et ne se transforme pas en marathon.
Dans cet article, je passe en revue 7 profils de voyageurs que je rencontre le plus souvent sur la route, et je propose pour chacun un itinéraire type, des conseils concrets de distances, de durée, de budget et de logistique. L’objectif : vous aider à identifier dans quel profil vous vous reconnaissez le plus, afin d’ajuster votre prochain voyage en autotour de manière réaliste et efficace.
1. Le voyageur débutant en autotour
Profil type : c’est votre premier road trip. Vous n’êtes pas complètement à l’aise avec la conduite dans un pays étranger, vous voulez tester la formule sans prendre trop de risques. Votre priorité : un itinéraire simple, bien balisé, avec des distances raisonnables et des hébergements faciles à trouver.
Itinéraire idéal : boucle courte et bien équipée
Pour un premier voyage autotour, je recommande une boucle de 7 à 10 jours, dans une région compacte et touristique, avec une bonne infrastructure routière. Par exemple :
- Durée : 8 jours sur place
- Distance totale : 800 à 1 200 km
- Étapes : 3 à 4 bases principales (2 à 3 nuits au même endroit)
- Type de routes : majoritairement nationales et autoroutes, peu de routes de montagne
Exemple concret (adaptable à d’autres pays) : une boucle en Italie du Nord (Milan – Lac de Côme – Vérone – Venise – retour Milan) ou en Espagne (Barcelone – Costa Brava – Gérone – retour Barcelone). L’idée est de :
- Limiter les transferts quotidiens à 2–3 heures de route maximum
- Privilégier les villes moyennes ou grandes, avec des parkings et des hébergements variés
- Éviter les routes trop techniques (montagne, pistes, circulation trop chaotique)
Conseils pratiques pour débuter
- Réserver la première et la dernière nuit à l’avance, pour sécuriser l’arrivée et le retour
- Choisir une voiture compacte, facile à garer et à manœuvrer
- Prévoir une marge de 15 à 20 % dans le budget pour les imprévus (parking, péages, options GPS)
- Programmer au maximum 1 “long trajet” (3–4 heures) sur tout le séjour, le reste en courtes étapes
Si vous découvrez le concept, je vous recommande aussi de parcourir les ressources détaillées du blog Autotours.fr dédiées à la préparation d’un premier voyage en autotour pour affiner vos choix d’itinéraire, d’assurance et de location de voiture.
2. Le voyageur “intensif” qui veut tout voir
Profil type : vous aimez optimiser chaque journée, vous supportez bien les longues heures de route et vous préférez enchaîner les étapes plutôt que de rester plusieurs nuits au même endroit. Votre priorité : voir un maximum de lieux en un minimum de temps.
Itinéraire idéal : grandes distances et étapes fréquentes
Pour ce profil, un voyage de 12 à 15 jours avec un itinéraire linéaire (point A vers point B, sans forcément revenir au point de départ) est souvent pertinent.
- Durée : 12 à 15 jours
- Distance totale : 2 000 à 3 500 km
- Étapes : 8 à 10 lieux différents (1 ou 2 nuits par étape)
- Type de routes : mix autoroutes / nationales / routes panoramiques
Exemple concret : un autotour traversant le Portugal du nord au sud (Porto – Douro – Coimbra – Lisbonne – Alentejo – Algarve) ou un grand itinéraire dans l’Ouest américain (Los Angeles – Joshua Tree – Grand Canyon – Monument Valley – Page – Bryce Canyon – Las Vegas – Death Valley – retour LA).
Organisation et limites à connaître
- Prévoir 3–5 heures de route certains jours, avec 1 ou 2 pauses structurées (points de vue, visite rapide)
- Anticiper la fatigue : alterner une journée “longue route” et une journée “plus légère”
- Réserver la plupart des hébergements à l’avance pour éviter de perdre du temps à l’arrivée
- Accepter que tout ne sera pas vu dans le détail : c’est un survol, pas une exploration en profondeur
Ce profil convient aux voyageurs déjà habitués aux road trips, capables de garder une discipline horaire et de ne pas accumuler les retards au fil des jours.
3. Le voyageur contemplatif qui préfère rouler peu
Profil type : vous n’aimez pas passer des heures au volant, vous préférez profiter des paysages, des hébergements, de la gastronomie locale. Vous cherchez un voyage autotour mais avec un rythme très doux.
Itinéraire idéal : région compacte et séjours longs par étape
Ici, la logique est presque inverse du profil précédent :
- Durée : 10 à 14 jours
- Distance totale : 500 à 1 000 km
- Étapes : 3 à 5 bases (2 à 4 nuits à chaque fois)
- Type de routes : courtes liaisons (1 à 2 heures max) entre chaque base
Exemple concret : un road trip en Toscane, dans le Pays basque, en Écosse centrale ou dans les fjords norvégiens du sud. L’objectif est de :
- Sélectionner quelques “bases” bien situées (une ville ou un village centralisé)
- Rayonner en étoile autour de chaque base pour des excursions journalières
- Recevoir l’impression d’un vrai “séjour” dans chaque région, plutôt qu’un simple passage
Points pratiques à anticiper
- Privilégier des hébergements confortables, avec cuisine ou au minimum de bonnes options de restauration à proximité
- Repérer à l’avance 3–4 idées d’activités par base (randonnées, visites, marchés, petites villes accessibles en 30 à 60 minutes de route)
- Adapter la période : éviter les hautes saisons pour profiter vraiment du calme recherché
- Prévoir un peu plus de budget hébergement, puisque le temps passé sur place est plus long
Ce type d’itinéraire est particulièrement adapté si vous travaillez à distance (nomadisme digital) ou si vous voulez combiner vacances et temps de repos réel.
4. Le voyageur famille avec enfants
Profil type : vous voyagez avec un ou plusieurs enfants. Vos priorités : limiter la fatigue, gérer les temps de route pour éviter l’ennui à l’arrière, trouver des hébergements adaptés (cuisine, espace, parfois piscine), et intégrer dans l’itinéraire des activités qui plaisent aussi aux plus jeunes.
Itinéraire idéal : étapes courtes et activités régulières
La structure d’un voyage autotour en famille peut être la suivante :
- Durée : 10 à 15 jours
- Distance totale : 1 200 à 2 000 km
- Étapes : 4 à 6 stops principaux (2 à 3 nuits chacun)
- Type de routes : 2 à 3 heures de route maximum par jour de déplacement
Exemple concret : un circuit en Bretagne, en Andalousie, au Danemark ou en Irlande. L’idée clé : intégrer des activités “paliers” :
- Plages, lacs ou rivières pour des pauses fréquentes
- Parcs naturels avec sentiers faciles
- Villes avec parcs, aires de jeux, musées interactifs
- Fermes, zoos, aquariums, selon les intérêts des enfants
Organisation spécifique pour les familles
- Éviter au maximum les arrivées tardives à l’hébergement, sources de stress avec des enfants fatigués
- Prévoir des snacks, de l’eau, des jeux et éventuellement des contenus hors ligne sur tablette pour les longs tronçons
- Prendre une voiture assez grande pour les bagages et le confort sur la route (berline ou SUV plutôt qu’une petite citadine)
- Alterner journées “visite” et journées “détente”, pour que tout le monde récupère
En famille, un itinéraire trop ambitieux se paie rapidement en tensions et en fatigue générale. Mieux vaut voir un peu moins et garder un bon souvenir du voyage.
5. Le voyageur “petit budget”
Profil type : vous voulez profiter d’un voyage en autotour sans exploser votre budget. Vous êtes prêt à faire des compromis sur le confort ou certains extras, à condition de garder la liberté de mouvement du road trip.
Itinéraire idéal : distances maîtrisées et hébergements économiques
Le principal poste de dépense d’un voyage autotour, hors avion, est un trio constant : location de voiture, carburant, hébergement. Pour rester dans un budget serré, l’itinéraire doit limiter les distances et le nombre d’étapes :
- Durée : 7 à 12 jours
- Distance totale : 800 à 1 500 km
- Étapes : 3 à 5 lieux (2 à 4 nuits par endroit)
- Type d’hébergement : auberges, chambres d’hôtes économiques, camping ou locations entre particuliers
Exemple concret : un road trip dans une région proche de chez vous ou sur un pays limitrophe accessible en voiture ou en train + location sur place. Par exemple, pour un voyageur basé en France : Auvergne, Jura, Slovénie, nord de l’Italie, Costa Brava, etc.
Levier d’économie : la logistique
- Réserver tôt la voiture et comparer les prix (attention aux frais cachés : franchise, conducteur supplémentaire, jeune conducteur, péages)
- Éviter les trajets inutiles : construire une boucle logique, sans retours en arrière
- Choisir une petite voiture sobre en carburant
- Préférer les hébergements avec cuisine pour réduire les repas au restaurant
- Profiter des activités gratuites ou peu chères : randonnées, marchés, plages, points de vue
Avec ce profil, il est utile d’établir un budget prévisionnel assez détaillé : carburant estimé selon les kilomètres, nombre de nuits, coût moyen par nuit, budget repas, marge pour les visites payantes.
6. Le voyageur “nature et randonnée”
Profil type : vous privilégiez les paysages, les parcs nationaux, les randonnées, les points de vue. La voiture est surtout pour vous un moyen d’atteindre des zones naturelles, pas un but en soi. Vous êtes prêt à rouler un peu plus si la récompense à l’arrivée est un trek ou une vue spectaculaire.
Itinéraire idéal : enchaînement de zones naturelles
Pour ce type de voyageur, la logique est de relier des régions de nature plutôt que des villes :
- Durée : 10 à 16 jours
- Distance totale : 1 500 à 2 500 km
- Étapes : 5 à 7 bases proches de parcs, massifs ou zones de randonnée
- Type de routes : nationales, routes de montagne, pistes parfois (selon le pays et le type de véhicule)
Exemples d’itinéraires :
- Islande en autotour (côte sud et ouest, zones de cascades, volcans, glaciers)
- Norvège fjords et parcs nationaux
- Alpes françaises ou italiennes en mode multi-massifs
- Canada (Québec et parcs de la Mauricie, du Fjord-du-Saguenay, etc.)
Structurer les journées de route et de marche
- Éviter de cumuler grosse randonnée et long trajet le même jour : risque de fatigue et de manque de visibilité en fin de journée
- Prévoir 2 types de journées : “route + petite balade” (2 h de marche max) et “grosse rando + peu de route”
- Adapter l’équipement : chaussures adaptées, vêtements de pluie, trousse de secours basique, eau et snacks en permanence dans la voiture
- Anticiper la météo et prévoir un plan B en cas de conditions très mauvaises
Avec ce profil, la flexibilité de l’autotour est particulièrement intéressante : possibilité de modifier un itinéraire en fonction de la météo ou des conseils reçus sur place (gardiens de parcs, locaux, etc.).
7. Le voyageur “culture et villes”
Profil type : vous aimez les musées, les quartiers historiques, l’architecture, les cafés, la vie locale. Vous appréciez la voiture pour vous déplacer d’une ville à l’autre, mais vous n’avez aucun intérêt à rouler “pour rouler”. Vous cherchez un combiné de villes et de quelques étapes plus calmes.
Itinéraire idéal : enchaînement de villes moyennes et grandes
Pour ce voyageur, l’itinéraire peut ressembler à ceci :
- Durée : 8 à 12 jours
- Distance totale : 800 à 1 500 km
- Étapes : 3 à 6 villes (certaines avec 2 ou 3 nuits)
- Type de routes : autoroutes et nationales, routes simples sans difficulté majeure
Exemples concrets :
- Circuit en Espagne : Barcelone – Valence – Alicante – Murcie – Grenade – Malaga
- Circuit en Italie : Florence – Sienne – Rome – Naples – retour Rome
- Circuit en Europe centrale : Prague – Vienne – Bratislava – Budapest
Points logistiques spécifiques en milieu urbain
- Anticiper le stationnement : parkings relais, parkings privés des hébergements, zones à circulation restreinte (ZTL en Italie, par exemple)
- Évaluer si la voiture est vraiment nécessaire dans certaines grandes villes : parfois, il est plus simple de louer la voiture au milieu du séjour après avoir visité une capitale à pied ou en transports publics
- Limiter le nombre de changements d’hébergement : chaque check-in/check-out en centre-ville prend du temps (accès, bagages, parking)
- Réserver à l’avance les billets des grandes attractions pour éviter les files, surtout sur des itinéraires serrés
Avec ce profil, un subtil équilibre est à trouver entre densité culturelle (musées, visites guidées, quartiers à explorer) et moments de respiration dans des villes plus petites ou des zones vertes à proximité.
Comment choisir l’itinéraire idéal selon son profil
Peu de voyageurs correspondent à 100 % à un seul profil. On se situe souvent à la frontière de deux ou trois : par exemple “débutant + petit budget”, “famille + contemplatif”, ou “nature + intensif”. Pour construire un itinéraire adapté, il peut être utile de :
1. Définir ses priorités réelles
- Souhaitez-vous voir un maximum de lieux ou approfondir quelques régions seulement ?
- Êtes-vous prêt à passer beaucoup de temps en voiture ou non ?
- Le budget est-il la contrainte principale, ou est-ce plutôt le temps disponible, la fatigue, les enfants, la saison ?
Noter ces priorités sur papier aide à éliminer certains formats d’itinéraire qui ne vous correspondent pas.
2. Caler un “cadre” kilométrique et temporel
- Nombre de jours sur place (hors transport international)
- Distance totale maximale que vous êtes prêt à parcourir (par exemple : 150 km par jour en moyenne, ou 1 500 km sur tout le séjour)
- Nombre de nuits minimum par étape (1 nuit = étape express, 2 nuits = étape standard, 3 nuits = étape repos)
Ce cadre évite de construire un itinéraire irréaliste sur la carte. Un piège fréquent consiste à sous-estimer le temps de route (embouteillages, pauses, vitesse moyenne plus basse que prévu).
3. Vérifier la cohérence étape par étape
- Calculer la durée des trajets entre chaque étape, avec un outil fiable (cartes en ligne, GPS) et ajouter 20 % de marge
- Repérer au moins un point d’intérêt “intermédiaire” par trajet, pour couper la route
- Identifier les jours les plus chargés en kilomètres et les équilibrer avec des jours plus légers ensuite
- Contrôler la disponibilité et les prix des hébergements le long de l’itinéraire (certains parcs ou régions très touristiques se remplissent vite)
Enfin, garder une journée “tampon” (ou au moins une demi-journée) sans programme figé est souvent une bonne idée. En autotour, il y a toujours un imprévu : météo, coup de cœur, fatigue, ou envie de rester un peu plus longtemps dans un endroit.
Adapter le voyage à votre profil, c’est maximiser vos chances de revenir satisfait, sans avoir l’impression d’avoir subi votre itinéraire. Un voyage autotour bien pensé reste avant tout une affaire de rythme, de distances maîtrisées et de choix assumés entre ce que l’on voit et ce que l’on accepte de laisser pour un prochain road trip.

