Avant même de penser aux rizières en terrasses, aux temples ou aux plages, un point très concret peut compliquer un voyage à Bali : la monnaie et le change. Les roupies indonésiennes défilent vite, les zéros s’alignent sur les billets, et les erreurs de change se payent souvent cher, surtout quand on prépare un road trip en autonomie.
Comprendre la monnaie à Bali avant de partir
La monnaie officielle à Bali (et dans toute l’Indonésie) est la roupie indonésienne, abrégée IDR. Les montants peuvent impressionner : 100 000 IDR, c’est souvent à peine quelques euros. Pour un voyage en autotour où l’on paye régulièrement l’essence, les hôtels, les snacks de bord de route et les parkings, bien comprendre ce système dès le départ évite déjà plusieurs erreurs.
Les billets et montants les plus courants
Les billets les plus utilisés par les voyageurs sont :
- 1 000 IDR — très faible valeur, utile pour de petits compléments
- 5 000 IDR
- 10 000 IDR
- 20 000 IDR
- 50 000 IDR
- 100 000 IDR — le billet le plus courant pour les paiements de taille moyenne
Pour vous donner un ordre d’idée (taux variables, à vérifier avant le départ) :
- 100 000 IDR ≈ quelques euros
- 1 000 000 IDR (un « million » de roupies) ≈ quelques dizaines d’euros
Sur le terrain, il est utile de penser en “centaines de milliers” plutôt qu’en unités. Par exemple, une nuit dans une guesthouse simple peut coûter 250 000 à 400 000 IDR, un plein d’essence 100 000 à 200 000 IDR pour un scooter, davantage pour une voiture.
Cartes bancaires, espèces et retraits
À Bali, les cartes bancaires sont largement acceptées dans les zones touristiques (hébergements, restaurants, agences de location, supermarchés), mais l’espèce reste reine dès que l’on sort des grands axes. Pour un road trip, il faut anticiper :
- Les stations-service qui n’acceptent que le cash, surtout hors des grandes villes.
- Les warungs (petits restos locaux) et stands de rue qui fonctionnent uniquement en espèces.
- Les parkings, péages locaux et petites entrées de temples qui se paient en roupies.
Il est donc indispensable de trouver un équilibre entre :
- Une réserve d’espèces raisonnable pour quelques jours.
- Des retraits réguliers en distributeur (ATM).
- L’usage parcimonieux de la carte pour les gros paiements (hébergements, locations, activités).
Pour une vision encore plus complète des usages locaux, des billets, des frais et des démarches avant le départ, vous pouvez consulter notre dossier complet sur la gestion de la monnaie à Bali en voyage, pensé justement pour ceux qui organisent un autotour ou un road trip sur l’île.
9 erreurs de change que les voyageurs commettent sans s’en rendre compte
1. Arriver à Bali sans aucun cash en devise forte
Beaucoup de voyageurs partent avec l’idée de “tout retirer sur place” en pensant que ce sera plus simple. Sur un road trip, c’est une mauvaise stratégie pour plusieurs raisons :
- Après un long vol, votre premier réflexe sera de chercher un ATM à l’aéroport, parfois avec des frais élevés et un taux défavorable.
- Si, par malchance, votre carte est refusée ou bloquée, vous vous retrouvez sans un centime en main.
- Le temps de régler un problème bancaire, impossible de payer taxi, transfert, carte SIM ou premier repas.
Solution pragmatique : voyager avec une petite réserve en euros (ou dollars), par exemple l’équivalent de 200–300 € par adulte. Cela vous permet de :
- Changer une petite somme dès votre arrivée si nécessaire.
- Avoir une sécurité en cas de carte muette ou de distributeurs en panne.
- Négocier plus sereinement certaines dépenses en cas de pépin avec les banques.
2. Changer une grosse somme dès l’aéroport “pour être tranquille”
L’autre extrême est tout aussi problématique : beaucoup de voyageurs convertissent une grosse partie de leur budget dès l’aéroport. Or, les bureaux de change en zone d’arrivée appliquent souvent :
- Des taux moins avantageux que dans la ville la plus proche.
- Des commissions ou frais intégrés dans le taux proposé.
Résultat : sur un budget de 1 500 à 2 000 €, la perte peut vite se chiffrer à plusieurs dizaines d’euros, uniquement parce qu’on a voulu aller trop vite.
Stratégie plus efficace :
- Changer au besoin une petite somme à l’aéroport (l’équivalent de 50–100 €) pour couvrir la première journée (taxi, carte SIM, repas, premiers achats).
- Attendre d’être en ville (Denpasar, Kuta, Canggu, Ubud…) pour comparer 2 ou 3 bureaux de change ou repérer un ATM fiable.
3. Ne jamais comparer les taux de change
En voyage, beaucoup de gens se disent : “ça doit être à peu près pareil partout”. À Bali, ce n’est pas le cas. Les écarts de taux peuvent être significatifs d’une agence à l’autre, parfois dans la même rue. Sur un road trip de deux semaines, à force de petits changes répétés, cela peut représenter le prix d’une ou deux nuits d’hôtel.
Pour éviter cela :
- Vérifiez le taux officiel (ou approchant) sur une application de change avant de partir de votre hébergement.
- Repérez au moins deux bureaux sérieux dans la zone où vous logez.
- Comparez le taux affiché et assurez-vous qu’il n’y ait pas de petite mention “commission” ou frais cachés.
Si vous suivez un itinéraire en autotour, vous pouvez même noter à l’avance, dans votre carnet de route, quelques bureaux réputés fiables dans les grandes étapes (Ubud, Sanur, Amed, Sidemen, Lovina, etc.).
4. Choisir systématiquement la conversion dynamique (DCC) au terminal
Lorsque vous payez par carte dans un hôtel, un restaurant ou un magasin, le terminal propose parfois de :
- Payer en roupies indonésiennes (devise locale).
- Payer directement en euros au taux fixé par la machine (conversion dynamique, ou DCC).
De nombreux voyageurs acceptent sans réfléchir le paiement en euros, parce qu’ils comprennent mieux ce montant. Pourtant, dans la majorité des cas :
- Le taux de conversion appliqué par le terminal est bien moins avantageux.
- Votre banque applique tout de même des frais supplémentaires.
Réflexe simple à adopter :
- Refuser la conversion en euros lorsqu’elle est proposée.
- Choisir systématiquement de payer en monnaie locale (IDR).
C’est un détail, mais répété sur tous les hébergements, locations de véhicule et activités, l’économie devient très réelle.
5. Ne pas vérifier les billets reçus lors du change
Avec beaucoup de zéros sur les billets, la confusion est fréquente. Il suffit d’un instant d’inattention pour confondre :
- 10 000 IDR avec 100 000 IDR
- 20 000 IDR avec 200 000 IDR, surtout si on n’est pas habitué au code couleur
Les erreurs peuvent être involontaires, mais il arrive aussi que certains bureaux peu scrupuleux profitent de cette confusion. Sur la durée d’un road trip, être systématiquement pressé au moment du change, c’est multiplier les occasions de se faire avoir.
Bon réflexe :
- Comptez vos billets devant le guichet, calmement, même s’il y a du monde derrière vous.
- Vérifiez la valeur de chaque billet, pas seulement le nombre de feuilles.
- Si quelque chose vous semble étrange, signalez-le immédiatement.
Faites de même lorsque vous retirez au distributeur : rangez-vous sur le côté et recomptez vos billets en vérifiant la somme indiquée sur le ticket ou l’écran.
6. Faire confiance à n’importe quel “money changer” en bord de route
C’est un classique à Bali : de petites boutiques affichent des panneaux “Authorized Money Changer” avec des taux très attractifs. Certains sont honnêtes, d’autres beaucoup moins. Les arnaques les plus répandues :
- Compter les billets très rapidement puis en “faire tomber” quelques-uns au moment de vous les remettre.
- Glisser discrètement des billets de faible valeur dans la liasse.
- Appliquer un taux différent au moment de finaliser, après vous avoir fait croire à un excellent taux.
Pour limiter les risques :
- Privilégiez les bureaux situés dans des locaux fermés, clairement identifiés, et non les petits stands improvisés.
- Méfiez-vous des taux trop beaux pour être vrais, largement supérieurs au taux du jour.
- Changez des sommes raisonnables à chaque fois, plutôt qu’un très gros montant en une seule fois dans un endroit douteux.
7. Retirer de toutes petites sommes, très souvent
En Indonésie, les distributeurs limitent souvent le montant de retrait par opération (par exemple 2 000 000 à 3 000 000 IDR). De leur côté, les banques françaises (ou européennes) appliquent en général :
- Des frais fixes par retrait (1 à 3 € selon la banque).
- Un pourcentage sur la somme retirée.
Ce qui piége beaucoup de voyageurs, c’est de retirer en permanence de très petites sommes “pour ne pas se balader avec trop de cash” : 500 000, puis 400 000, puis 600 000 IDR, etc.
Résultat :
- On multiplie les frais fixes de retrait.
- On perd énormément en commissions, alors que les montants restent modestes.
Stratégie plus rationnelle pour un autotour :
- Retirer des montants adaptés à 3–4 jours de dépenses (hébergement, essence, repas, extras).
- Stocker le surplus en lieu sûr (money belt, poche secrète, coffre de l’hébergement) et ne garder dans le portefeuille qu’une somme raisonnable.
- Limiter le nombre total de retraits pendant le voyage.
8. Ignorer les frais et plafonds de sa carte bancaire
Beaucoup de voyageurs découvrent leurs frais bancaires… au retour du voyage, sur leur relevé. Entre les frais de paiement, les frais de retrait et les éventuelles commissions de change, la note peut être salée.
Sur un road trip, où l’on enchaîne les paiements d’hébergement, d’essence, d’activités et de restaurants, ne pas anticiper ces paramètres revient à renchérir le coût total du voyage sans aucune valeur ajoutée.
À vérifier avant de partir :
- Le plafond de paiement par jour et par semaine.
- Le plafond de retrait à l’étranger.
- Les frais par paiement en devise hors zone euro.
- Les frais par retrait en devise.
Solutions pratiques :
- Demander à votre banque des relevés clairs ou consulter la grille tarifaire en ligne.
- Éventuellement souscrire à une carte “spéciale voyage” ou une néobanque avec frais réduits à l’étranger.
- Augmenter temporairement vos plafonds de paiement et de retrait pour éviter les blocages en cours de route.
Pour un road trip à Bali, disposer de deux cartes différentes (de deux banques ou réseaux distincts) offre aussi une sécurité en cas de blocage, de carte avalée par un ATM ou de suspicion de fraude.
9. Sous-estimer la gestion quotidienne des roupies en road trip
La dernière erreur est plus subtile : beaucoup de voyageurs se focalisent sur le change à l’arrivée, puis se laissent complètement déborder par la gestion quotidienne des espèces. Sur un autotour, avec des arrêts fréquents dans de petites stations-service, des marchés et des warungs, les petites dépenses s’accumulent vite.
Les conséquences typiques :
- Ne plus savoir où en est le budget après quelques jours.
- Se retrouver avec un portefeuille rempli de petits billets et de montants difficiles à utiliser pour de plus grosses dépenses.
- Perdre la notion des prix réels (payer sans vérifier, juste pour “aller vite”).
Pour garder la maîtrise :
- Utilisez une application de suivi de dépenses voyage (ou un simple tableur) pour noter vos frais journaliers par catégorie : hébergement, transport, nourriture, activités.
- Regroupez régulièrement vos petits billets pour les utiliser dans les warungs, parkings, snacks, et conservez les plus gros pour l’hébergement ou les gros paiements.
- Fixez un budget journalier réaliste en IDR, et faites le point chaque soir, surtout si vous voyagez à plusieurs.
Gérer son budget en roupies pendant un road trip à Bali
Une fois les erreurs classiques évitées, la question devient : comment organiser concrètement son argent au jour le jour quand on parcourt Bali en voiture ou en scooter ?
Répartir ses moyens de paiement
Pour un autotour, une bonne répartition peut ressembler à ceci :
- 1 carte bancaire principale, réservée aux paiements importants (hébergement, location, activités encadrées).
- 1 carte bancaire de secours, rangée ailleurs (sac différent, pochette secrète).
- Une enveloppe d’espèces “de réserve” pour quelques jours (100–200 € en devise + l’équivalent en roupies).
- Un portefeuille de tous les jours avec uniquement la somme nécessaire pour la journée ou les 48 prochaines heures.
Cette organisation limite les risques en cas de vol, de perte ou d’erreur de manipulation au distributeur, tout en gardant une grande flexibilité pour s’arrêter spontanément en chemin.
Anticiper les moments où l’ATM sera difficile à trouver
Les zones touristiques de Bali sont bien équipées en distributeurs, mais certaines régions plus reculées le sont beaucoup moins. Avant de quitter une grande ville pour une zone plus isolée (côte nord, est sauvage, centre montagneux), prévoyez :
- Un retrait suffisant pour couvrir au moins 3–4 jours de dépenses.
- Quelques billets de petite et moyenne valeur pour les achats du quotidien.
- Un point de chute identifié (ville, station-service importante, supermarché) où vous pourrez retrouver un ATM fiable.
Lors de la préparation de votre itinéraire, il peut être utile de noter, pour chaque étape, les localisations approximatives de distributeurs fiables, surtout si vous voyagez en saison haute où les machines peuvent parfois être vides temporairement.
Comprendre le coût réel de vos trajets
Pour bien dimensionner vos retraits en roupies, il faut avoir une idée réaliste des postes de dépenses :
- Essence : un scooter consomme très peu, une voiture un peu plus, mais dans les deux cas, le coût du carburant reste généralement inférieur à ce qu’on connaît en Europe.
- Hébergement : large fourchette selon le niveau de confort, mais payable en carte dans la majorité des structures touristiques.
- Repas : très variables : warungs locaux bon marché, cafés “instagrammables” plus chers, restaurants de plage dans la moyenne.
- Activités : entrées de temples, locations d’équipement, sorties en mer, cours de surf, etc. Certaines se payent uniquement en cash.
En moyenne, beaucoup de voyageurs en autotour à Bali se situent dans une fourchette de dépenses journalières (hors vol international) allant d’un budget “serré” d’environ 25–40 € par personne à des budgets plus confortables autour de 60–80 € ou plus, selon le niveau de confort et le type d’activités.
Checklist pratique pour éviter les erreurs de change à Bali
Avant le départ
- Vérifier les frais de votre banque à l’étranger (paiements + retraits).
- Augmenter temporairement vos plafonds de paiement/retrait si nécessaire.
- Préparer une réserve d’espèces en devise (euros ou dollars), rangée séparément de vos cartes.
- Installer une application de conversion de devises et, éventuellement, une appli de suivi de budget.
- Noter au moins une deuxième carte bancaire de secours, si possible d’une autre banque.
À l’arrivée à Bali
- Changer ou retirer une petite somme pour couvrir la première journée uniquement.
- Refuser la conversion dynamique en euros lorsqu’elle est proposée au paiement par carte.
- Prendre le temps de repérer un ou deux bureaux de change fiables près de votre premier hébergement.
Pendant le road trip
- Éviter de changer une grosse somme dans un bureau isolé ou au taux trop avantageux pour être crédible.
- Compter systématiquement vos billets au moment du change ou du retrait.
- Retirer des montants adaptés à 3–4 jours, pas seulement à quelques heures de dépenses.
- Garder un petit stock de billets de faible valeur pour les parkings, snacks, petits achats.
- Tenir un suivi régulier de vos dépenses pour garder le contrôle sur votre budget en IDR.
Avant de quitter l’île
- Essayer d’écouler vos derniers billets de faible valeur (achats de snacks, pourboires, petites dépenses).
- Conserver éventuellement quelques billets comme souvenir, mais évitez de garder de grosses sommes inutilisées.
- Si vous avez encore une belle somme en roupies, comparez le taux de rachat à l’aéroport et dans un bureau en ville (lorsque c’est possible, si vous avez encore le temps).
Une bonne préparation financière ne rendra pas votre voyage plus “instagrammable”, mais elle rendra votre autotour à Bali nettement plus fluide. En gardant la maîtrise du change, des frais et des retraits, vous gagnez du temps, vous économisez de l’argent, et vous pouvez vous concentrer sur l’essentiel : tracer votre route, étape après étape, à travers l’île.


