mardi 24 février 2026

Préparer l’argent pour Cuba demande aujourd’hui un peu plus de méthode qu’un simple retrait au distributeur avant de partir. Le système monétaire cubain a beaucoup évolué ces dernières années, et les informations trouvées sur les forums sont souvent contradictoires ou datées. Si vous partez pour un autotour, avec un itinéraire en liberté et plusieurs villes au programme, anticiper votre budget et vos moyens de paiement est aussi important que réserver votre voiture ou vos casas particulares.

Sur le terrain, l’argent à Cuba se traduit concrètement par trois réalités : le peso cubain (CUP), les paiements en MLC (Monnaie Librement Convertible, souvent liés à une carte prépayée) et l’utilisation de devises étrangères en espèces, principalement l’euro. Le tout dans un contexte où les cartes bancaires internationales ne sont pas toutes acceptées, où les distributeurs peuvent être en panne, et où les prix “pour touristes” coexistent avec une économie locale en CUP.

Dans cet article, je vous propose une approche pragmatique, pensée pour un voyage en road trip : combien prévoir comme argent pour Cuba, quels billets emporter, où changer, comment payer vos pleins d’essence, vos nuits et vos repas, et comment gérer votre budget au jour le jour. L’objectif n’est pas de faire théorie économique, mais de vous donner des repères concrets pour que l’argent ne devienne pas un frein à votre voyage.

Je m’appuie sur ma propre expérience d’itinéraires en autonomie dans l’île, mais aussi sur les retours récents de voyageurs. Les informations peuvent évoluer, mais la méthode pour préparer votre voyage, elle, reste valable : diversifier vos moyens de paiement, planifier un budget réaliste et garder une marge de sécurité. Si vous vous demandez combien d’argent pour partir à Cuba, dans quelle monnaie, et comment payer une fois sur place, ce guide est conçu pour répondre précisément à ces questions, étape par étape.

Comprendre la monnaie à Cuba aujourd’hui : pesos, MLC et devises étrangères

Avant de parler billet d’avion ou itinéraire, il faut clarifier la question de la monnaie à Cuba. Officiellement, vous utiliserez surtout le peso cubain (CUP), mais dans la pratique, beaucoup de voyageurs payent une partie de leurs dépenses en devises (euros, parfois dollars canadiens, livre sterling) ou via des systèmes MLC. Comprendre cette mécanique vous aidera à savoir quel argent pour Cuba emporter avec vous.

Le CUP (peso cubain) est aujourd’hui la monnaie officielle pour la population locale. Les salaires et la majorité des prix “locaux” sont en CUP : marchés, bus locaux, petits snacks de rue, certaines entrées de sites gérés par les municipalités. En tant que voyageur en autotour, vous serez parfois amené à payer en CUP, notamment pour :

  • des fruits et légumes achetés dans les agromercados ;
  • des petits cafés ou sandwichs dans les bistrots fréquentés par les Cubains ;
  • des parkings non officiels ;
  • des bus locaux ou colectivos (si vous les utilisez ponctuellement).

Le problème, c’est que le taux de change officiel du CUP est souvent très différent du taux “réel” appliqué sur le terrain. Les autorités publient un taux pour les maisons de change officielles (CADECA) et certaines banques, mais dans la pratique, beaucoup de Cubains proposent un change informel à un taux plus avantageux pour vous, mais illégal. Ce décalage impacte fortement votre budget quotidien dans Cuba. Mon conseil : basez votre estimation de budget sur un taux réaliste (renseignez-vous juste avant le départ) mais évitez de vous reposer uniquement sur le change au noir pour ne pas vous mettre en difficulté.

À côté du CUP, vous verrez souvent mention de la MLC, la Monnaie Librement Convertible. Il ne s’agit pas d’une monnaie physique dans votre porte-monnaie, mais plutôt de comptes et de cartes électroniques en devises (euros, dollars, etc.) utilisées dans certains magasins, hôtels et stations-service “modernes”. Pour vous, voyageur, cela se traduit par :

  • des boutiques ou supermarchés qui n’acceptent que le paiement par carte associée à un compte en MLC ;
  • certains hôtels ou services destinés aux touristes qui pratiquent des prix “en devises” ou en équivalent MLC ;
  • des cartes prépayées MLC, parfois vendues aux étrangers pour pouvoir consommer dans ces circuits.

Concrètement, si vous venez pour un voyage classique en autotour, vous n’êtes pas obligé de posséder vous-même une carte MLC. En revanche, sachez que certaines ressources peuvent être plus faciles à trouver dans ces circuits “en devises” : carburant, produits importés, etc. Vous payerez alors parfois via une carte bancaire internationale ou en euros, avec un taux interne défavorable.

C’est là que les devises étrangères entrent en jeu. Aujourd’hui, l’euro est la devise la plus pratique à emporter comme argent pour Cuba. Les billets en euros sont acceptés dans de nombreuses casas particulares, chez des loueurs de voiture, dans certains restaurants et directement par des particuliers. Les dollars américains, longtemps compliqués, tendent à réapparaître mais restent moins pratiques à utiliser au quotidien. Mon conseil : privilégiez les euros en espèces si votre banque les fournit facilement, et ne multipliez pas les devises.

Retenez donc trois niveaux :

  • le CUP pour les dépenses locales, petites sommes, vie quotidienne ;
  • les devises (euros surtout) pour l’hébergement chez l’habitant, certaines excursions, les pourboires “touristiques” ;
  • les paiements électroniques (cartes, MLC) pour quelques hôtels, supermarchés et parfois le carburant.

Comprendre ce mix vous permettra de mieux organiser votre argent dans Cuba, en répartissant vos moyens de paiement selon vos besoins réels pendant votre road trip.

Quel budget en argent pour Cuba en autotour ? Postes de dépense et ordres de grandeur

La question “combien faut-il d’argent pour partir à Cuba ?” revient systématiquement. Pour un circuit en autotour, le budget est assez différent d’un séjour en tout-inclus. Vous allez multiplier les déplacements, dormir dans plusieurs maisons, manger dans des restaurants variés et payer des activités en direct. Votre budget quotidien dépendra de votre niveau de confort, mais aussi des choix de transport et de restauration.

Pour rester clair, je pars ici sur un voyageur type en autotour, dormant en casas particulares, louant une voiture, et alternant restaurants pour touristes et adresses plus locales. Les montants sont donnés en euros, car c’est la monnaie la plus pratique pour calculer votre argent pour Cuba avant de partir. Adaptez selon le dernier taux de change du CUP et vos habitudes de consommation.

Hébergement : une casa particular correcte, avec salle de bain privée, petit déjeuner souvent inclus ou en supplément, se situe généralement entre 20 et 35 € la nuit pour deux personnes, selon la région et la saison. Dans les villes très touristiques comme La Havane, Viñales ou Trinidad, les tarifs peuvent monter à 40–50 € pour des standards un peu plus confort. Pour une base de calcul, comptez :

  • voyageur solo : 20–30 € / nuit en chambre simple chez l’habitant ;
  • couple : 25–40 € / nuit selon le niveau de confort souhaité.

Repas : dans Cuba, vous pourrez manger à la fois dans des paladares (restaurants privés pour touristes) et dans des cantines plus locales. Les prix, souvent affichés pour les étrangers, peuvent être en CUP mais équivalents à des tarifs en euros. À titre d’ordre de grandeur :

  • petit déjeuner en casa : 4–6 € par personne ;
  • déjeuner simple (pizza, sandwich, plat local) : 3–8 € ;
  • dîner dans un paladar correct : 8–15 € par personne, sans excès ;
  • boissons (bière, soda) : 1–3 € selon le lieu.

Un budget raisonnable pour la nourriture dans Cuba en autotour se situe autour de 20–30 € par jour et par personne si vous ne cherchez pas le grand luxe.

Transport : c’est le poste clé en autotour. La location de voiture est chère pour Cuba, et le carburant connaît des tensions régulières. Pour une petite voiture :

  • location : souvent 40–70 € par jour, selon la saison, le type de véhicule et l’intermédiaire ;
  • carburant : comptez large, car les prix et la disponibilité varient. En général, prévoyez 0,90–1,40 € / litre (équivalent) selon le type de carburant et le mode de paiement.

Un itinéraire classique de 15 jours avec 1500–2000 km implique un budget transport (location + essence) de l’ordre de 900 à 1500 €, à répartir sur le nombre de voyageurs. Cela a un impact direct sur votre calcul d’argent pour Cuba. Si vous voyagez dans, et que vous êtes trois ou quatre, le coût par personne diminue sensiblement.

Activités et visites : entrées de musées, sites naturels, excursions guidées, sorties en bateau, snorkeling, etc. Les prix sont très variables. Quelques repères :

  • musées et sites culturels : 3–8 € ;
  • excursion à cheval à Viñales : 10–20 € ;
  • sortie en bateau ou en plongée : 30–60 € selon la prestation.

Prévoir une enveloppe de 10–20 € par jour et par personne pour les activités permet de garder une bonne marge.

Dépenses diverses : eau potable (bouteilles), snacks, pourboires, stationnement, petites réparations ou imprévus liés à la voiture, carte SIM ou Internet, souvenirs… Sur un voyage en road trip, ces “petits” montants s’accumulent. Une enveloppe de 5–10 € par jour et par personne est réaliste.

En synthèse, pour un autotour en couple, dans Cuba, avec un niveau de confort moyen :

  • budget “économe mais à l’aise” : 60–80 € par jour et par personne (hors vol international) ;
  • budget “confortable” : 80–110 € par jour et par personne.

Sur 15 jours, cela donne un ordre de grandeur de 900 à 1650 € par personne, transport compris. Sur cette somme, vous pouvez prévoir 60 à 70 % en espèces (principalement euros) et le reste en paiements par carte et réservations prépayées. C’est cette répartition entre liquide et cartes bancaires qui fera la différence pour la gestion de votre argent dans Cuba, nous y revenons tout de suite.

Argent liquide, cartes et retraits : comment payer dans Cuba en road trip

Dans la pratique, la vraie question quand on parle d’argent pour Cuba est : “comment vais-je payer sur place, au jour le jour ?”. Pour un voyage en autotour, vous aurez besoin de flexibilité. Entre les casas, les restaurants, l’essence et les éventuelles réparations imprévues du véhicule, vous ne pouvez pas compter uniquement sur un seul moyen de paiement.

Argent liquide (espèces)

L’argent liquide reste aujourd’hui le moyen le plus fiable pour voyager dans Cuba. Les euros en billets sont largement acceptés pour :

  • payer vos nuits en casas particulares (souvent, les propriétaires préfèrent les devises) ;
  • régler certains restaurants ou paladares dans les zones touristiques ;
  • verser des pourboires aux guides, chauffeurs de taxi, musiciens, etc. ;
  • effectuer du change en CUP auprès de canaux officiels ou non officiels.

Évitez de venir uniquement avec des grosses coupures comme des billets de 200 €. Privilégiez un mix : 20 €, 50 €, quelques 100 €. Cela facilitera les transactions et vous évitera de devoir attendre la monnaie en CUP à un taux peu intéressant. Gardez une partie de vos billets bien cachés (ceinture, poche secrète dans votre sac), et ne sortez jamais toute votre réserve d’un coup.

Cartes bancaires

C’est ici que ça se complique. Toutes les cartes ne sont pas acceptées à Cuba. Les cartes Visa ou Mastercard émises par des banques soumises aux sanctions américaines peuvent être refusées : certaines ne fonctionneront ni aux distributeurs, ni aux terminaux de paiement. Avant de partir, vérifiez avec votre banque si votre carte est utilisable à Cuba. Certaines banques françaises ou européennes sont passées par des réseaux qui ne posent pas de problèmes, d’autres non.

Dans Cuba, les distributeurs automatiques (ATM) se trouvent essentiellement dans les grandes villes : La Havane, Santiago, Trinidad, Holguín, etc. Sur la route, vous pourriez traverser plusieurs provinces sans rencontrer de distributeur fonctionnel. De plus, les pannes de réseau et les ruptures de liquidités ne sont pas rares. Pour un autotour, ne comptez jamais sur la possibilité de retirer de l’argent à la dernière minute avant de quitter une ville.

Les paiements par carte sont possibles dans certains hôtels, stations-service “modernes” et supermarchés, mais là encore, le réseau est aléatoire. Quand cela fonctionne, le taux appliqué peut être peu avantageux, surtout si le paiement est converti d’une devise à l’autre (par exemple, de l’euro à un équivalent MLC puis au CUP). Utiliser votre carte pour de gros paiements (location de voiture, premières nuits, gros supermarché) peut être intéressant, mais gardez toujours un plan B en espèces.

Retraits et frais bancaires

Même si votre carte fonctionne dans les ATM, tenez compte des frais :

  • frais fixes par retrait (souvent 2 à 5 €) ;
  • commission (%) sur le montant retiré ;
  • marge de change parfois peu favorable.

Plutôt que de multiplier les petits retraits, il est souvent plus rentable de faire quelques retraits plus conséquents, que vous stockez ensuite prudemment. Mais une fois encore, dans un voyage en auto tour, ne construisez pas tout votre budget sur ces retraits, car une défaillance technique peut vous laisser bloqué avec zéro CUP.

Cartes prépayées et MLC

Cuba a mis en place des cartes prépayées en MLC, théoriquement accessibles aux étrangers, afin de pouvoir consommer dans les magasins et services en devises. Dans la réalité, leur disponibilité et leurs modalités changent souvent. Pour un voyageur en road trip, ce n’est pas le levier principal à utiliser, sauf si vous restez longtemps et fréquentez beaucoup ces circuits. La plupart des voyages en autotour peuvent très bien se faire sans MLC personnelle, en payant directement en euros ou en CUP selon les cas.

Répartition pratique des moyens de paiement

Pour un voyageur ou un couple partant en autotour, une répartition pragmatique pourrait être :

  • 60–70 % du budget de voyage prévu en espèces (principalement euros) ;
  • 30–40 % à couvrir par cartes bancaires (réservations en ligne avant le départ, retraits éventuels, paiements dans quelques hôtels ou supermarchés).

Si possible, voyagez avec au moins deux cartes (Visa et Mastercard), idéalement issues de deux banques différentes. Gardez-les séparées physiquement (l’une sur vous, l’autre dans un sac fermé à clé dans votre logement) pour limiter les risques de perte ou de vol. Ainsi, votre argent pour Cuba n’est pas centralisé sur un seul support.

Comment préparer votre argent avant de partir pour Cuba

Une bonne partie de la réussite de votre voyage se joue avant même de mettre le pied dans l’avion. Préparer votre argent pour Cuba ne consiste pas juste à “retirer un peu plus au cas où”. Il s’agit d’anticiper les scénarios concrets de votre autotour et de mettre en place des filets de sécurité.

Choisir votre devise de départ

Si vous voyagez depuis la France ou depuis la zone euro, partez avec des euros en espèces. C’est la devise la plus simple à utiliser pour votre voyage dans Cuba. Évitez de convertir vos euros en dollars américains avant le départ : vous perdriez au change pour peu de bénéfice, sauf cas particulier. Si votre pays d’origine n’est pas dans la zone euro, renseignez-vous : selon les périodes, l’euro, le dollar canadien ou la livre sterling peuvent être intéressants, mais l’euro reste un standard fiable.

Combien emporter en espèces ?

En partant sur le budget évoqué plus haut (60–80 € par jour et par personne en mode économe, transport compris), vous pouvez constituer une première enveloppe couvrant :

  • 80 à 100 % de vos dépenses quotidiennes, si vous ne faites pas confiance au réseau bancaire ;
  • ou 60 à 70 % si vous comptez utiliser aussi vos cartes bancaires.

Pour un voyage de 15 jours en couple, avec un budget de 80 € par jour et par personne, cela fait environ 2400 €. Vous pouvez par exemple décider d’emporter 1600–1800 € en espèces, et de laisser 600–800 € à couvrir via cartes (réservations prépayées, retraits éventuels, grosse dépense d’hébergement réglée par carte, etc.).

Adaptez ce calcul à votre tolérance au risque : si vous n’êtes pas à l’aise avec l’idée de porter beaucoup de liquide, augmentez la part “cartes”, mais gardez au minimum de quoi couvrir 5 à 7 jours d’autonomie complète en espèces, sans aucune carte.

Vérifier vos cartes bancaires

Avant de partir pour Cuba, contactez votre banque :

  • demandez si votre carte est utilisable dans Cuba, en précisant bien la destination ;
  • vérifiez les plafonds de retrait et de paiement à l’étranger et ajustez-les si nécessaire ;
  • notez les numéros d’urgence en cas de perte ou de blocage ;
  • demandez s’il existe des frais spécifiques pour les transactions à Cuba.

En parallèle, prévoyez une deuxième carte (compte secondaire, banque en ligne, carte de voyage type Revolut, Wise ou équivalent) qui ne soit pas liée au même réseau bancaire. Même si ces cartes ne sont pas toujours acceptées partout, elles offrent une redondance utile. En tant que voyageur en autotour, vous êtes plus exposé aux imprévus qu’un touriste statique en hôtel-club.

Organiser vos caches et votre sécurité

Transporter beaucoup d’argent pour Cuba implique d’être méthodique. Répartissez vos espèces en plusieurs caches :

  • une somme de fonctionnement dans votre portefeuille du quotidien (l’équivalent de 2 à 3 jours de budget) ;
  • une réserve principale dans une ceinture cache-billets ou une pochette discrète portée sous vos vêtements lors des transferts ;
  • une réserve secondaire dans un sac fermé à clé que vous laissez dans votre chambre (si vous faites confiance à la casa).

Ne gardez jamais toutes vos cartes bancaires au même endroit, et ne laissez pas toute votre réserve dans la voiture de location, même pour un court arrêt. Les vols ne sont pas systématiques, mais comme ancien logisticien, je pars toujours du principe que ce qui peut arriver finira tôt ou tard par se produire.

Anticiper les réservations prépayées

Pour alléger votre besoin d’argent dans Cuba, vous pouvez prépayer certains postes depuis votre pays :

  • premières nuits à La Havane ou dans votre première étape, via une plateforme fiable ;
  • location de voiture et assurances principales, même si des frais locaux subsistent ;
  • quelques excursions clés que vous êtes certain de vouloir faire.

Chaque dépense prépayée est un poste de moins à couvrir en billets. Attention cependant à ne pas tout verrouiller à l’avance : l’intérêt d’un autotour, c’est aussi de garder une marge de flexibilité et d’adapter votre itinéraire dans Cuba selon la météo, l’état des routes ou vos envies.

Mettre à jour vos informations juste avant le départ

Les règles de change, les taux et certaines pratiques évoluent vite à Cuba. Une semaine avant votre départ, prenez une heure pour :

  • consulter des ressources récentes (blogs de voyageurs, groupes spécialisés) pour vérifier la situation des CUP et des MLC ;
  • noter les taux de change officiels et un ordre de grandeur du taux “réel” appliqué dans la rue ;
  • vérifier si de nouvelles restrictions touchent certaines cartes ou devises.

Vous partirez ainsi avec un budget clair, une répartition réfléchie entre liquide et cartes, et un plan B si certains moyens de paiement ne fonctionnent pas comme prévu.

Gérer votre argent sur place pendant un autotour : méthodes et réflexes de terrain

Une fois sur place, la théorie laisse la place à la pratique. Votre argent pour Cuba doit maintenant être transformé en nuits, repas, carburant et expériences de voyage, sans stress permanent lié au budget. La clé, surtout en road trip, est d’adopter quelques réflexes simples mais constants.

Suivre votre budget au jour le jour

Plutôt que d’attendre la fin de la semaine pour “voir où vous en êtes”, notez vos dépenses chaque jour. Un simple carnet ou une application de note suffit. Classez vos dépenses par grandes catégories :

  • hébergement ;
  • repas ;
  • transport (essence, péages, parkings, petites réparations) ;
  • activités / visites ;
  • divers (eau, snacks, pourboires, souvenirs).

Ce suivi vous permet d’ajuster rapidement : si vous voyez que vous dépassez régulièrement votre budget cible, vous pouvez compenser en choisissant un restaurant plus simple, en supprimant une activité coûteuse ou en ajustant une étape pour réduire les kilomètres.

Changer de l’argent en CUP avec discernement

Dès les premiers jours, vous aurez besoin de CUP pour les petites dépenses. Deux options principales :

  • les canaux officiels (banques, CADECA) : plus sûrs, mais taux souvent peu intéressants ;
  • le change informel auprès de particuliers : taux plus avantageux, mais illégal et potentiellement risqué (faux billets, arnaques, etc.).

Ma recommandation pragmatique : faites un premier change d’un montant raisonnable via un canal officiel pour “tester” la vie en CUP et vous faire la main, même si le taux est moins bon. Ensuite, si vous avez un contact de confiance (propriétaire de casa, guide, connaissance recommandée), vous pourrez envisager un change plus intéressant, en restant prudent : ne changez jamais de grosses sommes d’un coup, comptez soigneusement les billets, et évitez les échanges avec des inconnus insistants dans la rue.

Gérer le carburant et les pénuries possibles

En autotour, l’accès au carburant est l’un des points les plus sensibles. Certaines périodes connaissent des files d’attente et des ruptures ponctuelles. Pour ne pas transformer votre voyage dans Cuba en chasse à l’essence :

  • faites le plein dès que vous en avez l’occasion, surtout dans les villes moyennes ou grandes ;
  • évitez de descendre en dessous d’un quart de réservoir ;
  • prévoyez une marge de carburant avant les longues traversées de zones rurales.

Les stations exigent parfois un paiement en carte liée à un compte MLC ou acceptent les devises (euros) à un taux interne. Renseignez-vous avant de faire la queue. Gardez une enveloppe d’argent spécifiquement dédiée au carburant, physiquement séparée de votre budget quotidien, afin de ne jamais devoir arbitrer entre essence et repas.

Négocier sans excès et avec respect

La négociation fait partie de certaines interactions : taxis, excursions privées, parfois hébergement si vous arrivez sans réservation. En tant que voyageur, souvenez-vous que vos repères de prix ne sont pas ceux des Cubains. Quand vous négociez un prix en pesos ou en euros, gardez en tête :

  • de ne pas chercher à écraser les prix pour quelques centimes ;
  • de clarifier dès le début si le montant est en CUP ou en devise ;
  • de toujours avoir de la petite monnaie pour éviter les discussions interminables sur la monnaie à rendre.

Un exemple concret : à Viñales, une balade à cheval peut vous être proposée entre 10 et 25 € (ou équivalent en pesos) selon la durée, le guide et ce qui est inclus (visite de ferme, dégustations, etc.). Comparer deux ou trois offres, poser des questions précises et accepter un prix cohérent est plus efficace que de passer une heure à gratter 2 €.

Anticiper les journées “sans distributeur”

Sur un itinéraire type La Havane – Viñales – Cienfuegos – Trinidad – Camagüey – Santiago, vous aurez régulièrement accès à des villes équipées en ATM. Mais si vous explorez des zones plus rurales (plages isolées, petites villes de l’intérieur), imaginez vos journées comme si aucun retrait n’était possible. Avant de quitter une grande ville, faites un point :

  • avez-vous suffisamment de CUP pour 2–3 jours de petites dépenses ? ;
  • votre réserve en euros est-elle accessible si besoin (sans tout sortir) ? ;
  • avez-vous réglé vos prochaines nuits à l’avance ou devez-vous payer en arrivant ?

Ce réflexe est typique d’un voyageur en autotour : toujours garder un coup d’avance sur la logistique, qu’il s’agisse d’essence, d’eau ou d’argent.

Garder une marge de sécurité jusqu’au dernier jour

Il est tentant, en fin de voyage, de dépenser ses derniers CUP et de vider ses poches pour “ne rien ramener”. Résistez à cette tentation. Gardez toujours :

  • un peu de CUP pour les derniers transferts (taxi, snack à l’aéroport, pourboire de fin de séjour) ;
  • une petite réserve d’euros en cas d’imprévu (retard de vol, nuit supplémentaire forcée, changement dans Cuba de vos plans de retour).

Vous pourrez toujours changer vos CUP restants si besoin, même à un taux peu favorable, ou les utiliser pour quelques achats de dernière minute. En revanche, vous retrouver bloqué sans liquidités à La Havane à cause d’un vol annulé est une situation nettement plus inconfortable.

En adoptant ces réflexes, votre gestion d’argent pour Cuba devient un aspect maîtrisé de votre voyage, au même titre que vos étapes ou votre alimentation. Vous pourrez alors vous concentrer sur l’essentiel : tracer la meilleure route possible à travers l’île, avec la liberté qu’offre un road trip, sans vous laisser surprendre par les spécificités du système monétaire cubain.

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